L'Insee baisse sa prévision de croissance en France pour 2016, à 1,3% au lieu d'1,6%

Le ministre de l\'Economie Michel Sapin quitte l\'Elysée après le conseil des ministres le 5 octobre 2016.
Le ministre de l'Economie Michel Sapin quitte l'Elysée après le conseil des ministres le 5 octobre 2016. (CITIZENSIDE/YANN KORBI / CITIZENSIDE /AFP)

Après le trou d'air subi par l'économie française au printemps, l'institut statistique a corrigé sa prévision du mois de juin de 0,3 point.

L'Insee a revu en forte baisse sa prévision de croissance pour l'année 2016, qui devrait donc plafonner à 1,3%, malgré une probable accélération de l'activité en fin d'année. Dans sa note de conjoncture, publiée jeudi 6 octobre, l'institut statistique a corrigé de 0,3 point sa prévision du mois de juin, qui tablait sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 1,6%. Une conséquence du trou d'air subi par l'économie française au printemps, avec une contraction de l'activité de 0,1%.

"La croissance a franchement calé", a reconnu lors d'une conférence de presse Vladimir Passeron, chef du département de la conjoncture de l'Insee, qui anticipe un rebond "modeste" au troisième trimestre (+0,2%) puis une accélération à l'automne (+0,4%). Une hausse trop faible pour compenser le retard pris au printemps.

A peine mieux qu'en 2015 ?

Si le chiffre de 1,3% était confirmé, la France ferait à peine mieux cette année qu'en 2015 (1,2%), alors que les signaux économiques laissaient entrevoir une reprise enfin marquée huit ans après la crise des subprimes. Elle ferait en outre moins bien que la moyenne de la zone euro (1,6%), pour la troisième année consécutive.

Plus grave peut-être encore : l'objectif de réduction du déficit public – fixé à 3,3% du PIB – pourrait se retrouver fragilisé, faute de recettes fiscales à la hauteur des attentes. Une situation de mauvais augure pour le gouvernement, à quelques mois de l'élection présidentielle, même si "les prévisions de l'Insee ne remettent pas en cause ni notre objectif de déficit public pour 2016, ni notre prévision de croissance pour 2017", a réagi le ministre de l'Economie et des Finances Michel Sapin.