Standard & Poor's dégrade la note du Fonds de secours européen

Le siège de Standard & Poor\'s, à New York.
Le siège de Standard & Poor's, à New York. (STAN HONDA / AFP)

Cette dégradation était redoutée : la France et l'Autriche, qui disposaient jusqu'à vendredi du AAA, garantissent en effet un quart de la capacité de prêt du fonds.

Trois jours après avoir dégradé la note de neuf pays européens, dont la France, l'agence Standard & Poor's a abaissé lundi 16 janvier d'un cran la note du Fonds européen de stabilité financière, désormais doté de la note AA+. L'agence considère que les obligations du FESF ne sont plus totalement soutenues, que ce soit par des garanties de pays membres du fonds notés AAA ou par des valeurs mobilières notées AAA.

Cette dégradation était redoutée : la France et l'Autriche, qui disposaient jusqu'à vendredi du AAA, garantissent en effet un quart de la capacité de prêt du fonds.

Le FESF doit-il être renfloué ? 

Standard & Poor's n'exclut toutefois pas de relever cette note à l'avenir, si des garanties supplémentaires sont accordées au FESF. Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a d'ailleurs aussitôt estimé que le fonds de secours devrait être renfloué pour garder sa force de frappe en l'état.

"Il faut des contributions supplémentaires des pays encore notés AAA" pour que le FESF conserve "la même capacité" ou puisse prêter "au même taux", même après une dégradation, a-t-il déclaré lors d'une audition devant le Parlement européen.

La capacité de prêts serait maintenue

Le patron du FESF s'est voulu plus rassurant. Selon l'Allemand Klaus Regling, la capacité de prêts du fonds ne sera pas remise en cause par cette dégradation. "L'abaissement d'un cran de la note du FESF ne va pas réduire sa capacité de prêts de 440 milliards d'euros, a-t-il tenu à souligner. Le FESF a les moyens de remplir ses engagements actuels et éventuellement d'autres, d'ici la mise en œuvre du Mécanisme européen de stabilité (MES) en juillet."

Un avis partagé par le ministère allemand des Finances, qui estimé qu'il n'y avait "pas besoin d'agir sur le FESF actuellement". "La question de la note jouera certainement un rôle lors de la prochaine réunion de l'eurogroupe et de celle de l'Ecofin (ministres de l'Economie et des Finances de l'Union européenne) les 23 et 24 janvier", a-t-il toutefois ajouté. 

François Baroin n'a pas dit autre chose. Dans un communiqué, le ministre des Finances a estimé lundi soir qu'il n'y avait "pas besoin d'agir" sur le FESF. "Le FESF conserve intacte sa capacité de prêt, avec des moyens suffisants et garantis pour remplir l’ensemble de ses engagements présents et à venir", a-t-il affirmé.

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