Juncker veut intervenir avec la BCE pour sauver la zone euro

Le président de l\'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, le 28 juin 2012 à Bruxelles (Belgique).
Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, le 28 juin 2012 à Bruxelles (Belgique). (GEORGES GOBET / AFP)

Le président de l'Eurogroupe envisage d'utiliser le Fonds européen de secours pour soulager les pays en difficulté. Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schaüble, dément le recours au FESF.

La Banque centrale européenne (BCE) et l'Eurogroupe se préparent à voler au secours des pays européens en difficulté. Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a en effet déclaré être prêt à agir de concert avec la BCE et à activer le Fonds européen de stabilité financière (FESF), dans une interview au Figaro mise en ligne dimanche 29 juillet au soir.

Cette annonce intervient alors que les difficultés budgétaires de l'Espagne alimentent toutes les craintes. Les investisseurs craignent en particulier que le pays soit obligé de demander une aide globale à l'instar de la Grèce, de l'Irlande ou du Portugal. Si cela arrivait, l'Espagne pourrait entraîner dans son sillage l'Italie, déjà fragilisée, et l'ensemble de la zone euro car sa dette est colossale et le mécanisme d'aide aux pays européens n'a pas de ressources illimitées.

"Nous sommes arrivés à un point crucial" reconnait ainsi Juncker. "Mais il reste à préciser le rythme et la mesure. Nous agirons ensemble avec la BCE, sans toucher à son indépendance. Quand je dis 'nous', il s'agit du fonds de sauvetage FESF, c'est-à-dire des 17 gouvernements", a-t-il ajouté. Il n'a pas détaillé les pistes envisagées pour soulager les taux d'intérêts, mais plusieurs possibilités sont à l'études, comme FTVi l'expliquait vendredi.

"Plus de temps à perdre"

"Nous déciderons à l'examen des marchés d'ici à quelques jours. Il n'y a plus de temps à perdre", a déclaré Juncker, soulignant que l'envolée des taux de la dette espagnole s'était calmée depuis les déclarations du président de la BCE, Mario Draghi, jeudi.

Vendredi, la France et l'Allemagne avaient affirmé dans un communiqué commun être "déterminées à tout faire pour protéger" la zone euro. Elles ont été suivies dimanche par l'Italie à l'occasion d'un entretien téléphonique entre le chef du gouvernement italien Mario Monti et la chancelière allemande Angela Merkel. Comme le communiqué franco-allemand de vendredi, le texte diffusé dimanche à Berlin souligne que l'Allemagne et l'Italie sont d'accord pour "que les conclusions du conseil européen des 28 et 29 juin soient mises en œuvre aussi rapidement que possible".

Juncker a néanmoins reproché à la classe politique européenne de se laisser aller à des déclarations "de politique intérieure" sur les questions de la crise de l'euro. "Du coup, ils finissent par trahir l'esprit européen", a-t-il déclaré, s'en prenant vivement à l'Allemagne. "Comment l'Allemagne peut-elle se payer le luxe de faire de la politique intérieure sur le dos de l'euro ? Si les seize autres pays en faisaient autant, que resterait-il du projet commun ? La zone euro n'est-elle plus qu'une succursale de la République fédérale ?", a-t-il lancé.

Schaüble dément 

De son côté, le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, dément tout projet d'achat d'obligations par le FESF dans le cadre d'un nouveau plan d'aide à l'Espagne, dans un entretien paru dimanche dans Die Welt am Sonntag et rapporté par Les Echos (article payant).

Schäuble a qualifié de "totalement infondées" les spéculations dans la presse espagnole et française sur une nouvelle aide pour Madrid, "qui se traduirait notamment par la participation du FESF aux émissions obligataires de l'Espagne afin que les taux d'emprunts du pays restent contenus".