Sommet : les quatre points pour sauver la zone euro

Le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, le 23 octobre 2011 à Bruxelles.
Le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, le 23 octobre 2011 à Bruxelles. (Yves Herman/REUTERS)

Les dirigeants de l'Union européenne se réunissent mercredi 26 octobre à Bruxelles pour éviter la contagion de la crise de la dette dans la zone euro.

"L'euro à quitte ou double à Bruxelles", titre Le Figaro.fr. "Le sommet de la dernière chance", selon Les Echos.fr. "Tous les regards tournés vers Bruxelles", écrit Le Parisien.fr. Au pied du mur, les dirigeants de la zone euro se réunissent à Bruxelles (Belgique), mercredi 26 octobre, pour tenter de sauver les dix pays qui utilisent la monnaie unique et de surmonter la crise de la dette.

Les attentes sont immenses. Le sommet européen doit "sauver l'euro" et sauvegarder les idéaux du Vieux continent, a affirmé le premier ministre grec Georges Papandréou, à son arrivée au sommet. Un échec "pourrait faire basculer le continent européen vers des terres inconnues", avait prévenu la veille le premier ministre, François Fillon.

Les marchés souhaitent une réponse globale, crédible et surtout chiffrée des montants engagés pour endiguer la crise de la dette. Les leaders européens vont devoir s'accorder pour cela sur différents dossiers. 

• Le montant de la décote pour les créanciers de la Grèce

Une nouvelle tranche d'aide doit être versée au pays afin de respirer. Elle serait d'un montant de 8 milliards d'euros. La Troïka, qui regroupe l'Union européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI), a demandé son déblocage "dès que possible". La semaine dernière, les ministres des Finances de la zone euro se sont mis d'accord pour un versement mi-novembre.

Mais les banques créancières de la Grèce sont pressées d'accepter une décote. Les négociations portent sur la proportion : l'Europe leur demande un effacement de 50 %. Les banquiers, eux, proposent une décote de 40 %. Mardi soir, les échanges étaient encore tendus sur ce sujet.

• Le renforcement du Fonds de soutien

L'hypothèse de transformer le Fonds européen de stabilité financière (FESF) en banque, défendue par la France, a été enterrée. Deux options sont désormais sur la table pour renforcer la puissance de frappe du fonds. La première : une garantie partielle sur les nouvelles obligations émises par les pays européens en difficulté, une sorte d'assurance pour les créanciers.

La seconde consiste à créer des dispositifs d'investissement via des structures au niveau communautaire ou bien au niveau d'un Etat afin d'investir dans des obligations souveraines. Ces structures visent à attirer des investisseurs publics et privés à l'international.

Ces deux options pourraient être mises en place conjointement.

• La recapitalisation des banques

La situation des banques européennes inquiète les marchés. Ils craignent qu'elles ne puissent encaisser la faillite de la Grèce, et d'autres pays par la suite. Elles devraient donc faire l'objet d'une recapitalisation. Les dirigeants européens doivent rendre ce soir leur copie sur le montant de l'enveloppe allouée pour mener cette opération. Il serait d'environ 108 milliards d'euros, dont 10 milliards pour la France.

• La gouvernance de la zone euro

Les dirigeants européens s'accordent à dire qu'une nouvelle gouvernance économique est nécessaire. "A côté du conseil de la zone euro, il faut organiser un gouvernement économique à l'intérieur de la Commission européenne en désignant un commissaire qui serait responsable pour la gestion de la zone euro", affirme l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt.

Cette instance permettrait de mieux surveiller les comptes des Etats en difficulté et de veiller au respect des règles budgétaires fixées par le traité de Maastricht. Mais les désaccords sont nombreux. L'Allemagne voudrait renforcer ces règles alors que la France voit dans cette surveillance une atteinte à la souveraineté des Etats. Un premier pas sera peut-être franchi mercredi soir : le président du Conseil européen, et depuis dimanche président de la zone euro, Herman Van Rompuy, devrait être nommé premier responsable de la zone euro.

Vous êtes à nouveau en ligne