Le référendum sur l'euro met la Grèce sous pression

Le ministre des finances grec Evangélos Vénizelos, lors d\'une conférence de presse à Athènes (Grèce), le 27 octobre 2011.
Le ministre des finances grec Evangélos Vénizelos, lors d'une conférence de presse à Athènes (Grèce), le 27 octobre 2011. (LOUISA GOULIAMAKI / AFP)

 Après trois heures de débats, le couple franco-allemand a renvoyé Athènes à ses responsabiltés et a posé ses conditions. 

Le référendum que la Grèce prévoit d'organiser sur le plan de sauvetage du pays et/ou sa sortie de la zone euro ne cesse de provoquer des remous dans la communauté européenne mais désormais aussi à l'intérieur du pays.

Le gouvernement grec ébranlé

"La place du peuple grec dans l'euro est une conquête historique (...) qui ne peut pas être mise en question. Ceci ne peut pas dépendre d'un référendum", a déclaré jeudi 3  novembre tôt dans la matinée par le ministre des finances grec Evangélos Vénizélos. Position partagée le même jour par un autre ténor du gouvernement, le ministre du Développement grec Michalis Chryssohoïdis : "Ce qui presse est la ratification par le Parlement de l'accord (européen) qui sort la Grèce de l'impasse." Ces déclarations font voler en éclat l'unanimité du gouvernement Papandréou.

En jeu : la question qui sera posée lors du référendum décidé par Athènes lundi. S'agit-il d'approuver le plan de sauvetage du pays ou de décider d'une sortie de l'euro ? Mercredi soir, après trois heures de réunion de crise entre dirigeants de l'Union européenne, du Fonds monétaire international (FMI) et du gouvernement grec, le couple franco-allemand a renvoyé Athènes à ses responsabilités et a posé ses conditions au sauvetage du pays.

 

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont demandé à Georges Papandréou qu'"un consensus" soit trouvé pour avancer la date du référendum, initialement prévu pour janvier, à décembre. Peu après les déclarations de l'éxecutif franco-allemand, le Premier ministre grec a annoncé que "le référendum serait organisé le plus tôt possible", sans doute "le 4 décembre".

Bien que le porte-parole du gouvernement grec l'ait exclu mardi après-midi, "l'enjeu du référendum est bien l'appartenance de la Grèce à la zone euro", a alors précisé Georges Papandréou. Mais tôt jeudi, donc, coup de tonnerre : le ministre des Finances du pays déclare que "la place du peuple grec dans l'euro est une conquête historique (...) qui ne peut pas être mise en question." 

• Les Européens posent leurs conditions... 

Autre point évoqué lors de la réunion de mercredi : le calendrier du versement d'aide à la Grèce. "Nous ne pouvons engager l'argent du contribuable européen (...) qu'à partir du moment où un certain nombre de règles (...) sont respectées", a expliqué Nicolas Sarkozy. La Grèce doit donc "clarifier sa position sur le plan de sauvetage européen si elle veut espérer obtenir le versement de l'aide financière promise".

Par conséquent, la nouvelle tranche d'aide (8 milliards d'euros) ne sera versée à Athènes que si la Grèce accepte de mettre en œuvre tous les aspects du compromis de Bruxelles et quand toute incertitude sur le référendum annoncé par le Premier ministre grec sur cet accord sera levée.

• et persévèrent dans les décisions prises à Bruxelles

Enfin, l'application du plan européen et le renforcement du Fonds européen de stabilité financière (FESF) seront accélérés pour que la zone euro ne "perde pas de temps" afin qu'elle dispose d'un outil en état de marche dès la prochaine secousse financière. 

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