Le duel éco : quel bilan pour Mario Draghi à la tête de la BCE ?

La Banque centrale européenne émet la monnaie unique, l'euro, et est chargée de la stabilité des prix. Étienne Lefebvre (Les Échos) et Christophe Ramaux (Les économistes atterrés) débattent sur le plateau du 23h de l'arrivée de Christine Lagarde à la BCE.

Changer de président c'est l'occasion de faire un bilan. Christine Lagarde va remplacer Mario Draghi. A-t-il un bon bilan ? "Ce qui est sûr, c'est que Mario Draghi a quelque part sauvé l'euro en 2012, donc il a un bilan positif. Au moment où il y avait une spéculation, il a dit qu'il reprendrait toutes les mesures nécessaires. Il a donné une ampleur à la BCE qu'elle n'avait pas avant (…) mais à la fin, la politique monétaire a touché ses limites", explique Étienne Lefebvre, rédacteur en chef aux Échos. "Il n'a pas sauvé les déséquilibres de l'euro. Que les banques centrales interviennent pour éviter que la crise financière se transforme en dépression économique, c'est très bien. Le problème c'est que ça n'a pas été fait en reprenant la main sur la finance et ses excès", tempère Christophe Ramaux, membre des économistes atterrés.

"Les institutions européennes sont schizophrènes"

"Par ailleurs, on a un autre problème en Europe. Les instituions européennes sont schizophrènes. Elles appuient sur la pédale d'accélérateur et dans le même temps, la pédale de frein : politique d'austérité budgétaire et d'austérité salariale. Résultat des courses, cela fait des dérapages", ajoute Christophe Ramaux.
Draghi a-t-il eu une influence sur la faible croissance en Europe ? "On a eu de la croissance. Le chômage a beaucoup, beaucoup diminué, mais c'est vrai que là, on assiste à un ralentissement économique inquiétant parce qu'on a l'impression qu'il n'a plus tellement d'outils au niveau de la BCE pour y remédier", avance Étienne Lefebvre.

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