"La Grande Récession laissera de grosses sequelles en Espagne"

Le ministre des Finances espagnol, Luis de Guindos (à g.), avec le Président du Conseil italien, Mario Monti, pendant la réunion du 9 juillet 2012 à la Commission européenne, à Bruxelles (Belgique).
Le ministre des Finances espagnol, Luis de Guindos (à g.), avec le Président du Conseil italien, Mario Monti, pendant la réunion du 9 juillet 2012 à la Commission européenne, à Bruxelles (Belgique). (GEORGES GOBET / AFP)

Au lendemain du déblocage de 30 milliards d'euros de l'Eurozone pour sauver le secteur bancaire espagnol, la presse ibérique se méfie du plan de sauvetage européen

Déblocage d'un premier versement de 30 milliards d'euros, réduction du déficit repoussé à 2014… Les Espagnols se sont réveillés mardi 10 juillet en découvrant les bases de leur plan de sauvetage, ciblé sur le secteur bancaire. Après une nuit de négociations avec l'Eurogroupe, le ministre des Finances espagnol, Luis de Guindos, est sorti de la Commission européenne fatigué mais satisfait. 

Un sentiment qui n'a pas été partagé par de nombreux journaux ibériques, qui craignent de voir l'Espagne crouler sous les conditions imposées par l'Union européenne. FTVi passe en revue les réactions de la presse espagnole.

Ceux qui s'en inquiètent

"Nous serons supervisés de plus près (…).  La Grande Récession, la crise la plus profonde et longue du capitalisme depuis des décennies, laissera de grosses séquelles en Espagne (…). La Grèce a flanché. L'Irlande et le Portugal aussi. Et, poussée, petit à petit, par la mère de toutes les bulles immobilières, l'Espagne aussi." C'est le début d'un article publié mardi par le quotidien El Pais (lien en espagnol). Son correspondant à Bruxelles, Claudi Pérez, remet en question le plan d'aide mis en place par l'Eurozone. 

Alors que le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a assuré début juillet que ce plan n'entraînerait pas de nouvelles mesures d'austérité, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, n'a pas dit la même chose. L'Espagne devra augmenter la TVA, limiter les salaires des dirigeants, contrôler de plus près les banques régionales, diminuer les allocations chômage…

En échange, le pays doit ramener son déficit public à 3% en 2014 au lieu de 2013. Un délai supplémentaire qui n'est "qu'un assouplissement des objectifs, juste un exercice de réalisme", estime le quotidien économique Cinco Dias (lien en espagnol).

"Les fonctionnaires européens vont rédiger des rapports tous les trois mois sur la manière dont nous appliquons les mesures imposées. Ils viendront en jean et tee-shirt pour ne pas ressembler aux "hommes vêtus de noir" [les représentants de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international] mais en réalité, ce sont les mêmes personnes", pointe le site de la télévision basque eitb.com (lien en espagnol) en faisant référence aux fonctionnaires du Conseil européen qui vont rédiger des rapports trimestriels sur les comptes publics espagnols.

"Nous sommes sous tutelle", conclut le quotidien catalan El Periodico (lien en espagnol). Le FMI sera aussi mobilisé pour superviser les comptes espagnols, même s'il n'apportera pas d'aide financière. Seuls des fonds européens seront débloqués.

Ceux qui remercient l'aide européenne

Les quotidiens de droite comme ABC ou La Razon (lien en espagnol) parlent plutôt de "soutien" de l'Union européenne et mettent en avant les mesures "efficaces" qui ont été prises par le chef du gouvernement. 

ABC (lien en espagnol) met en avant les réactions des différents organismes internationaux qui ont salué cet accord. Mais aussi "les organisations patronales CEOE et Cepyme. Elles ont communiqué leur satisfaction et soutiennent ce plan, qui boostera la crédibilité de la dette espagnole."

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