L'incertitude italienne fait craindre un big bang de la zone euro

Le siège de la Banque centrale européenne à Francfort. 
Le siège de la Banque centrale européenne à Francfort.  (BILDERBERG / REUTERS)

Volatilité des Bourses européennes, crainte de contagion italienne à l'ensemble de l'Europe… FTVi fait le point sur les turbulences que traverse la zone euro.

La crise de la zone euro monte d'un cran. La volatilité des marchés européens reste très forte jeudi 10 novembre après une journée noire mercredi. La situation italienne inquiète l'ensemble de la zone euro et l'on redoute une contagion alors que la Commission européenne prévient des risques d'une nouvelle récession. FTVi fait le point sur la situation. 

• Volatilité sur les marchés

Les inquiétudes sur la zone euro et le contexte politique italien incertain créent l'instabilité sur les marchés. Lors d'un déplacement en Chine jeudi 10 novembre, Christine Lagarde a donc exhorté l'Italie à faire preuve d'une plus grande clarté politique. 

Les marchés asiatiques ont ainsi terminé en forte baisse jeudi matin, après le plongeon des Bourses européennes la veille. A Paris, l'indice CAC40 de Paris a fortement chuté à l'ouverture. Idem à Milan, Francfort et Londres. La tendance s'est inversée peu après 10h15. Le CAC40, le DAX, et la Bourse de Milan sont repassés dans le vert, preuve de la forte volatilité des marchés. 

• Peur de la contagion, menace d'une nouvelle récession 

Avec la crise italienne, on redoute maintenant l'effet domino. Le taux d'intérêt pour les emprunts de l'Italie augmente de façon vertigineuse : actuellement à 7 %, ce taux record ne pourrait pas dépasser les 8 % selon la Banque d'Italie, citée par La Tribune.

Avec un taux pareil, le pays ne pourrait plus emprunter ni rembourser sa dette colossale. L'Italie se retrouverait alors en dépôt de bilan et le risque de contagion à l'ensemble de l'Europe grandirait.

La France est en première ligne : ses banques sont très exposées à la dette italienne, indiquent Les Echos. Les montants prêtés par les banques françaises à l'Italie seraient "autrement plus importants" que les sommes en jeu dans le cas grec.

Et le trou d'air pour la zone euro est confirmé par la Commission européenne jeudi : "Une récession profonde et prolongée et de nouvelles turbulences sur les marchés financiers ne peuvent plus être exclus", avertit jeudi la Commission européenne. Elle révise fortement en baisse sa prévision de croissance pour la zone euro l'an prochain à seulement 0,5 %, contre 1,8 % attendu auparavant.

• Vers un big bang institutionnel ? 

Selon l'agence Reuters, Paris et Berlin travaillent discrètement à la redéfinition de la zone euro. Ce changement radical pourrait passer par l'exclusion de certains pays membres. L'idée serait de créer un noyau fédéral constitué de pays désireux d'intégrer leurs politiques fiscales et économiques, quitte à laisser les récalcitrants au bord du chemin.

Cette redéfinition de la zone euro est envisagée avant tout comme une réponse structurelle à la crise de la dette actuelle, mais l'évolution de la situation en Italie, qui ne pourrait pas être secourue en cas de faillite, a accéléré les réflexions.

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