Espagne : le nouveau gouvernement serre encore la vis sur le budget

La porte-parole du gouvernement espagnol Soraya Saenz de Santamaria annonce de nouvelles mesures de rigueur le 30 décembre à Madrid (Espagne).
La porte-parole du gouvernement espagnol Soraya Saenz de Santamaria annonce de nouvelles mesures de rigueur le 30 décembre à Madrid (Espagne). (DOMINIQUE FAGET / AFP)

Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a annoncé un plan 15 milliards d'euros d'économie supplémentaires, l'Espagne étant largement en dessous de ses objectifs en termes de réduction des déficits.

"Nous sommes face à une situation extraordinaire et imprévue qui va nous obliger à prendre des mesures extraordinaires et imprévues", a expliqué la porte-parole du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria. En fait de mesures extraordinaires, le nouveau gouvernement espagnol a fait vendredi 30 décembre des annonces avec lesquels les Espagnols sont depuis des mois plus que familiers : de nouvelles mesures de rigueur. 

Celles-ci, qui s'ajoutent aux coupes déjà annoncées par le chef du gouvernement Mariano Rajoy, portent sur 15,1 milliards d'euros d'économies, dégagées notamment en augmentant les impôts, ce qu'avait promis de ne pas faire Mariano Rajoy en campagne, et en serrant encore la ceinture des fonctionnaires, au grand dam de leurs syndicats."Ces mesures ne sont que le début du commencement", a cependant averti la porte-parole.

Seules bonnes nouvelles vendredi : la revalorisation de 1% des retraites , gelées en 2010 et la poursuite jusqu'en août de l'aide de 400 euros pour les chômeurs en fin de droit.

Un déficit toujours galopant

Un mois après la large victoire de la droite aux élections législatives, mettant fin à plus de sept ans d'exercice du pouvoir par le Parti socialiste, les Espagnols se dirigent donc vers un nouveau régime de rigueur, qui devrait approcher au total les 40 milliards d'euros en 2012.

Objectif : ramener le déficit public à 4,4 % du PIB en 2012, comme s'y est engagée Madrid. Cette cible est encore loin d'être atteinte. Comme le soupçonnaient déjà nombre d'économistes, le chiffre de 2011 est mauvais : selon le gouvernement, le déficit se situera "autour de 8%" du PIB fin 2011, bien au-dessus des 6% visés par l'équipe socialiste sortante.

Un dérapage regretté par Bruxelles, qui a salué les nouvelles mesures tout en appelant à "prendre des décisions supplémentaires qui peuvent aider la consolidation budgétaire tout en apportant plus de croissance et davantage d'emplois".

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