Déficit : la Hongrie dans le collimateur de l'Union européenne

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, le 9 décembre 2011 à Bruxelles.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, le 9 décembre 2011 à Bruxelles. (PHILIPPE WOJAZER / REUTERS)

La Commission européenne demande des sanctions contre Budapest, accusé de n'avoir "pas fait suffisamment de progrès pour corriger de façon durable et soutenable son déficit excessif".

La Hongrie pourrait être le premier pays de l'Union européenne (UE) sanctionné pour ses dérapages budgétaires. La Commission européenne a estimé, mercredi 11 janvier, qu'elle "n'a pas fait suffisamment de progrès pour corriger de façon durable et soutenable son déficit excessif". Bruxelles, qui a au contraire salué les mesures prises par la Belgique, Chypre et Malte, a donc demandé des sanctions contre Budapest.

Le déficit public de la Hongrie se situe pourtant sous la barre de 3 % en 2011, conformément aux règles européennes en vigueur. Mais pour Bruxelles, ce résultat est dû uniquement à des mesures exceptionnelles qui ont permis de masquer le dérapage des finances du pays. Sans cela, le déficit de la Hongrie aurait été d'environ 6 %, a indiqué le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn. 

Pas encore de condamnation

En épinglant Budapest, la Commission européenne a eu recours pour la toute première fois à un nouvel instrument de discipline budgétaire adopté à l'automne dernier. Connu sous le terme de "6 pack", cet ensemble de textes législatifs avait été été proposé par la Commission européenne pour suppléer le Pacte de stabilité et de croissance. Censé faire la police des déficits en Europe, ce dernier n'est pas respecté.

Le "6 pack" permet d'imposer des sanctions à des pays jugés laxistes. Elles peuvent prendre la forme de fonds placés sur un compte bloqué et se transformer ensuite en amende. Une mesure qui s'applique uniquement aux pays de la zone euro. La Hongrie – qui n'a pas adopté la monnaie commune – risque quant à elle de subir une autre sanction en se voyant priver de plus d'un milliard d'euros d'aides européennes dès janvier 2013.

Mais Budapest est encore loin d'être condamné : les Etats de l'UE doivent encore donner leur aval et juger eux aussi que les mesures prises par la Hongrie sont insuffisantes.