Brexit : "S’il y a des moments difficiles, on fera en sorte qu'ils soient le moins longs possible", promet le directeur des douanes des Hauts-de-France

\"On se prépare (...) pour qu\'il n\'y ait pas de files de camion\", assure le directeur des douanes des Hauts-de-France sur franceinfo (illustration).
"On se prépare (...) pour qu'il n'y ait pas de files de camion", assure le directeur des douanes des Hauts-de-France sur franceinfo (illustration). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

"On est tous mobilisés", assure sur franceinfo le directeur des douanes des Hauts-de-France Gilbert Beltran.

Avec plus de 5 000 poids lourds qui passent quotidiennement au terminal des ferries de Calais, le trafic pourrait se compliquer  en cas de Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne. "On va faire en sorte que s’il y a des moments difficiles, ils soient le moins longs possibles", affirme Gilbert Beltran, directeur des douanes des Hauts-de-France, mercredi 27 février sur franceinfo.


franceinfo : Y aura-t-il d’énormes files d’attente de camions en raison des formalités douanières ?

Gilbert Beltran : On se prépare avec les gestionnaires du port et les compagnies maritimes pour que, justement, il n'y ait pas de files de camions. Après le Brexit, il y aura des formalités douanières. Tout le travail de la direction générale des douanes, c’est d’essayer de faire en sorte que ces formalités soient anticipées afin d'éviter les files d’attente à la sortie. On a développé un système informatique qui va permettre d’associer les formalités qui sont à la charge des exportateurs, des importateurs et des transporteurs avec la plaque d’immatriculation du camion, le temps de la traversée du Channel. Le système des douanes va faire une analyse de risques sur les données qui nous seront transmises et en fonction le camion pourra sortir en circuit vert ou sera bloqué en circuit orange. C'est ce que l'on appelle les formalités dématérialisées. On a mis en place toute une infrastructure qui va permettre de dématérialiser tout cet envoi de données par les compagnies maritimes et avec les gestionnaires de ports.

Ce sera aux transporteurs, du côté britannique par exemple, de préremplir ce formulaire pour que tout soit bon pour eux. Avez-vous des craintes ?

Tout à fait. Les transporteurs ou les opérateurs du commerce international, à titre général, qui n'auront pas fait de formalité seront sûrs que leurs cargaisons seront bloquées. Pour s’adapter à la situation, la douane a recruté de nouveaux fonctionnaires qui sont en cours de formation. On a toujours cette crainte de l’impréparation des opérateurs du commerce international. Nous, on s’est très bien préparés. Ça fait quelques mois qu’on travaille dessus. On a toujours l’angoisse que les opérateurs du commerce international se soient moins bien préparés que nous. Pour l'instant, nous n'avons pas effectué de tests. Le système d'information n'est pas complètement prêt, mais des tests sont prévus avant le 29 mars.

Vous attendez-vous à des moments difficiles lors des premiers jours qui succéderont au 29 mars ?

S’il y a des moments difficiles, on fera en sorte qu'ils soient le moins longs possibles. On est tous mobilisés. S’il y a des décisions à prendre, il y a des cellules de crise qui seront ouvertes. Maintenant, ce qu'il faut se mettre en tête c'est qu’après le Brexit, il faudra déclarer à la douane vos achats au-dessus de 300 euros.

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