Berlusconi se donne de l'air avant le sommet européen

Silvio Berlusconi lors de la réunion des dirigeants de la zone euro, le 23 octobre 2011 à Bruxelles (Belgique).
Silvio Berlusconi lors de la réunion des dirigeants de la zone euro, le 23 octobre 2011 à Bruxelles (Belgique). (GEORGES GOBET/AFP)

Quelques heures avant la rencontre cruciale de mercredi sur la zone euro, le Cavaliere a réussi à convaincre son allié de la Ligue du Nord de réformer le régime des retraites.

Silvio Berlusconi peut souffler. Au moins pour le moment. Placé au pied du mur, dimanche 23 octobre, par ses partenaires européens, qui l'ont sommé d'élaborer un plan d'assainissement des finances publiques, le Cavaliere a réussi in extremis à convaincre son allié de la Ligue du Nord de réformer le régime des retraites pour apporter une réponse convaincante à Bruxelles.

L'affaire n'était pas gagnée et menaçait la survie de la coalition du Président du conseil italien. "Cette fois-ci, la situation est très sérieuse. On risque vraiment la crise", expliquait mardi matin Umberto Bossi, chef de file de la Ligue du Nord, avant d'entamer les négociations avec Silvio Berlusconi.

Vers une démission de Berlusconi ?

Dans la soirée de mardi, une ministre a fini par assurer que la Ligue avait accepté une hausse de 65 à 67 ans de l'âge des "pensions de vieillesse". Pas question toutefois de toucher aux "pensions d'ancienneté", qui bénéficient en majeure partie aux salariés du Nord industriel, là où la Ligue a son fief électoral.

Selon La Reppublica, le Cavaliere devrait payer le coût politique de cet accord : en échange de ce compromis qui doit lui permettre de faire bonne figure à Bruxelles mercredi, Silvio Berlusconi aurait accepté de démissioner entre décembre et janvier, et que soient organisées des élections anticipées en mars 2012.

En attendant, pour rassurer ses partenaires européens, Silvio Berlusconi devait leur envoyer mercredi une lettre contenant une liste de réformes.

Le FESF au secours du pays ?

C'est que la situation est inquiétante : malgré l'adoption cet été de mesures d'austérité draconiennes, l'Italie ne parvient toujours pas à rassurer les marchés qui doutent de la crédibilité du gouvernement et craignent qu'il n'atteigne pas ses objectifs de réduction du déficit.

Par précaution, l'Union européenne réfléchit à la possibilité de soutenir la péninsule en rachetant, via son Fonds européen de stabilité financière, de la dette italienne sur le marché. Le pays pourrait ainsi se financer à des taux raisonnables.

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