Berlusconi pris en tenaille entre l'Europe et ses alliés nationaux

Le président du conseil italien Silvio Berlusconi, lors du sommet européen de dimanche 23 octobre à Bruxelles (Belgique).
Le président du conseil italien Silvio Berlusconi, lors du sommet européen de dimanche 23 octobre à Bruxelles (Belgique). (SEBASTIEN PIRLET/REUTERS)

L'Union européenne presse l'Italie de travailler à réduire davantage sa dette. Mais à l'intérieur de son pays, le président du conseil italien est également confronté à l'opposition de son propre allié. 

Silvio Berlusconi est pris en tenaille. Entre les Européens qu'il faut rassurer quant à la dette italienne et les réformes intérieures qu'il peine à imposer, le Président du conseil se voit presser de toutes parts. Pourtant, le Cavaliere se doit d'agir pour rassurer ses voisins de la zone euro, les marchés et mettre en place des réformes pour éviter la contagion de la crise de la dette. Et ce, avant le sommet européen de mercredi 26 octobre.

Les pressions de l'Union européenne 

L'Italie a été rappelée à l'ordre, dimanche, par l'Europe lors du sommet de Bruxelles. Le couple franco-allemand a exigé des engagements fermes du pays sur des réformes structurelles et sur la réduction de sa dette, qui s'élève à 1 900 milliards d'euros, avant la rencontre européenne de mercredi. "Pas question de faire jouer la solidarité si ceux que nous aidons ne font pas eux-mêmes des efforts considérables", a lancé dimanche la chancelière allemande Angela Merkel. 

Le Cavaliere a riposté, lundi : "Personne n'est en mesure de donner des leçons à ses partenaires. (...) Personne n'a quoi que ce soit à craindre de la troisième économie européenne", qu'est l'Italie. "Nous honorons notre dette publique régulièrement, (...) et nous atteindrons l'équilibre budgétaire en 2013."

 Les blocages de son allié 

Lundi, un conseil des ministres s'est achevé sans que Silvio Berlusconi trouve un accord avec son allié au pouvoir, la Ligue du Nord, sur la réforme des retraites. Les pourparlers se sont poursuivis dans la nuit. Car Silvio Berlusconi a promis d'agir sur ce dossier, laissant entendre qu'il pourrait relever l'âge de départ à 67 ans. Il est actuellement fixé à 65 ans.

Mais la Ligue du Nord, qui s'oppose à certains points de la réforme depuis des semaines, campe sur ses positions. Le chef du parti, Umberto Bossi, a jugé mardi la "situation très périlleuse" et estimé qu'un accord sur les retraites serait "très difficile". Le ministre des Infrastructures italien a même évoqué la possibilité d'une chute de l'exécutif dirigé par Berlusconi.

Malgré ses tensions qui pèsent sur le gouvernement et bien que le pays a déjà adopté des mesures de rigueur sévères cet été, l'Italie a promis de faire des propositions solides au sommet européen de mercredi.

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