Pour Le Foll, le rebond de la Bretagne, "c'est tout de suite"

Le ministre de l\'Agriculture, Stéphane Le Foll, le 8 novembre 2013, à Rennes (Ille-et-Vilaine).
Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, le 8 novembre 2013, à Rennes (Ille-et-Vilaine). (DAMIEN MEYER / AFP)

Le ministre de l'Agriculture s'est rendu en Bretagne vendredi avec des propositions pour calmer la grogne des "Bonnets rouges".

Il veut montrer qu'il s'est emparé du problème breton. Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, accompagné du ministre délégué à l'Agroalimentaire, Guillaume Garot, s'est rendu en Bretagne, à Rennes, vendredi 8 novembre, pour tenter d'éteindre l'incendie de la crise de l'agroalimentaire. Il a participé à une série de réunions auxquelles ont participé élus locaux et professionnels du secteur.

Face à la colère des "Bonnets rouges", le collectif d'agriculteurs et d'entrepreneurs bretons en colère, le ministre a déclaré : "La révolte des Bonnets rouges en 1675 s'en est suivie de deux siècles et demi de déclin pour la Bretagne. Avec nous, c'est le rebond, pas dans deux siècles, c'est tout de suite." Et pour appuyer ses dires, il est venu avec plusieurs propositions, détaillées par francetv info.

Doublement des futures subventions européennes

La première des annonces concerne une des principales cibles des "Bonnets rouges" : l'Europe. L'enveloppe consacrée à la Bretagne dans le cadre du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) sera ainsi doublée dans la future politique agricole commune (2014-2020), passant de 175 à 368 millions d'euros sur sept ans.

De nouvelles aides

Pour l'économie bretonne en général, plus d'un milliard d'euros sont débloqués : 450 millions par la Banque publique d'investissement (BPI) et 555 millions par l'Etat. Comme l'explique Le Télégramme de Brest, l'Etat s'engage également à débloquer une aide d'urgence de 4 millions d'euros pour le volailler Tilly-Sabco, "afin d'éviter d'abattre l'outil de travail, les poules reproductrices".

Le ministre délégué à l'Agroalimentaire, Guillaume Garot, a pour sa part souligné que 320 "possibilités d'emplois", notamment dans le secteur laitier, les plats préparés et la production agricole, avaient été "débloquées par l'ensemble de la filière agroalimentaire pour les salariés de Gad" à Lampaul-Guimiliau (889 emplois supprimés). "Les entreprises de la filière ont joué le jeu de la solidarité", s'est-il félicité.

Un changement de réglementation 

Parmi les autres thèmes en discussion, le ministre a évoqué la réglementation, qui va évoluer afin de permettre l'agrandissement des élevages pour faire face à la concurrence européenne, dans le respect de l'environnement. 

De son côté, l'Association bretonne des entreprises agroalimentaires (Abea), demande au gouvernement de se battre au niveau européen pour faire cesser "l'énorme problème de compétitivité" rencontré par les entreprises françaises productrices de volaille et de porc face à des pays qui utilisent une main d'œuvre à bas coût. Dans l'entourage du ministre, on répond que "la France a déjà réussi à convaincre deux alliés de poids sur le sujet, l'Allemagne et l'Italie, mais la Grande-Bretagne reste réticente".

Faire évoluer l'agriculture en Bretagne

Parallèlement, Stéphane Le Foll a assuré qu'il était désormais "temps qu'on pense à construire des filières sans aide à l'exportation", faisant allusion à la fin des "restitutions" européennes qui affecte les volaillers bretons Doux et Tilly-Sabco. Avec Bruxelles, "il y a d'autres possibilités d'aides : à l'investissement, à la promotion", selon le ministre, qui doit s'entretenir avec le commissaire européen à l'Agriculture, Dacian Ciolos, le 22 novembre, avec les représentants des volaillers de Bretagne.

Avant la réunion avec Bpifrance, le ministre a exposé sa vision pour l'agroalimentaire breton : "La question de l'agroécologie, c'est ça aussi l'évolution de la Bretagne aujourd'hui. Je parle d'évolution et non de table rase de tout ce qui existait : c'est ça l'enjeu, c'est combiner les deux." Interrogé sur Europe 1 en début de matinée, il a assuré que "la filière export sur la volaille peut être sauvée", mais qu'il faudra que les outils de production soient modernisés pour être compétitifs.

Pas suffisant pour calmer la grogne

Au cours de ces réunions, les ministres ont retrouvé des représentants de la région, des entrepreneurs ayant bénéficié des aides de Bpifrance ainsi que l'Association bretonne des entreprises agroalimentaires. Mais FO-Bretagne a décidé de boycotter le déjeuner prévu avec Stéphane Le Foll, le syndicat ayant exigé un gel des licenciements jusqu'à fin décembre, sans recevoir d'écho favorable.

"J'aurais aimé qu'il vienne à Poullaouen [le site de Marine Harvest dans le Finistère] pour parler avec lui du vrai problème de la Bretagne et des réponses concrètes qu'il doit apporter très rapidement", a déclaré Christian Troadec, maire de Carhaix et fer de lance des "Bonnets rouges".

Dans la foulée, le collectif "Vivre, décider et travailler en Bretagne" a annoncé que "face à l'absence de réponses du gouvernement aux problèmes des Bretonnes et des Bretons", il préparait un "nouveau grand rassemblement, grave et pacifique",  pour le 30 novembre, "quelque part en Bretagne".

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