Cosmétiques : trois conseils pour privilégier les produits les plus naturels possibles

Une femme se maquille à Paris, le 10 février 2016.
Une femme se maquille à Paris, le 10 février 2016. (VOISIN / PHANIE)

La revue "60 Millions de consommateurs" publie une enquête sur les produits hygiéniques dites "naturels". Et met en garde contre un marketing parfois trompeur.

Naturel ou toxique, ce shampoing ? Et cette crème solaire ? Dans un numéro spécial publié début juillet, la revue 60 millions de consommateurs a analysé la composition de 170 produits hygiéniques et autres cosmétiques pour aider le (la) client(e) à faire le tri. Voici, entre autres, ce que l'on peut retenir de cette enquête.

Lisez attentivement les étiquettes des produits

Le premier bon réflexe, c'est de lire en entier l'étiquette du produit, même si c'est fastidieux, même si vous êtes myope et surtout si les caractères sont écrits en minuscules. Sachez que dans le flot des substances énumérées, la molécule la plus présente dans le produit est citée en premier, et ainsi de suite. Les cinq ou six premières substances mentionnées représentent 80 à 90% du produit.

Comment privilégier le naturel ? Astuce : "Des ingrédients végétaux ou d'origine végétale en tête de liste indiquent clairement un produit plutôt naturel. L'inverse permet de voir que l'on a affaire à un produit de formulation conventionnelle, avec peu de naturel et beaucoup de synthétique", souligne le magazine. Même si vous gardez un souvenir cauchemardesque de "rosa rosam", faites confiance aux noms latins : ils renvoient à des substances végétales peu transformées.

En revanche, méfiez-vous des noms en anglais, qui renvoient à des substances végétales notablement transformées. Les abréviations comme PEG, PPG, EDTA, BHA, elles, trahissent l'ingrédient de synthèse indésirable. Quant aux colorants, ils sont repérables par la mention CI suivie de cinq chiffres.

Privilégiez des ingrédients sains

Le mensuel, qui n'entend pas se cantonner dans une négativité de mauvais aloi, fournit aussi une liste d'ingrédients "désirables". Parmi les huiles végétales, 60 millions de consommateurs recommande notamment l'amande douce, l'argan, l'avocat, la bourrache, la coco, le germe de blé, le jojoba, la macadamia, le monoï, la nigelle, la noisette, les noyaux d'abricot, l'olive, l'onagre, le ricin, le sésame ou encore le soja ... Attention, ils sont souvent signalés sous leur nom latin. 

Pour les gommages de peau, la revue préconise de choisir des crèmes à base de coque de noix ou de noyaux d'abricots, plus doux pour l'environnement que les cosmétiques à base de plastique non biodégradables.

A l'inverse, si vous voulez connaître les produits à fuir absolument, l'UFC-Que Choisir a publié une liste de 185 produits cosmétiques courants contenant des substances "préoccupantes". Le verdict, édifiant, confirme la présence d'allergènes, de composés toxiques, ou encore de perturbateurs endocriniens dans ces produits qui peuplent nos salles de bains.

Sachez reconnaître un bon label

Comment s'y retrouver, enfin, dans le maquis des labels bio qui se partagent un marché de niche (3% des ventes de cosmétiques en 2014), mais prometteur ? Seul label écologique officiel de l'Union européenne, "EU Ecolabel" prend en compte tout le cycle de vie du produit, qui doit être respectueux de l'environnement. Mais il n'y a aucune exigence en revanche, note le journal, sur "la nature ou l'origine des ingrédients utilisés".

"Ecocert" est décerné par un organisme indépendant, et 95% du produit doit être naturel ou d'origine naturelle. Mais il ne permet pas de savoir, déplore 60 millions de consommateurs, si les substances ont été modifiées ou non. "Cosmebio" partage avec "Ecocert" "un référentiel commun"... Les mêmes remarques restent donc valables. Venu d'outre-Manche, "Soil association" est un label britannique "très exigeant en matières d'ingrédients", remarque la revue, qui lui décerne une bonne note ... avant de préciser que les produits qu'il certifie sont difficiles à trouver en France. 

"Nature 3, 2 et 1 étoile" indique de son côté, de façon graduée, le pourcentage d'ingrédients végétaux bio : 95% pour 3 étoiles, 70% pour 2 étoiles, et pas de minimum exigé pour le 1 étoile, qui spécifie juste l'utilisation de cosmétiques naturels. Enfin, les cosmétiques estampillés "Nature et Progrès" sont constitués de  "100% d'ingrédients végétaux bio". "Une des démarches, salue le magazine, la plus exigeante en matière d'agriculture biologique."

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