Conférence sociale : "Une occasion rêvée pour celui qui veut manifester son désaccord"

(Raymond Soubie © MaxPPP)

La CGT n’ira pas à la conférence sociale lundi 19 octobre. Cette décision fait suite à l’affaire d’Air France et aux tensions entre la CGT et le gouvernement en ce moment. Pour Raymond Soubie, spécialiste des questions sociales, "il y a deux lignes syndicales clairement différente et c’est ce que la conférence sociale va illustrer".

Chemise déchirée, poignée de main refusée, un yaourt qui vole, et cette décision de la CGT de ne pas assister à la conférence sociale de lundi 19 octobre. Le dialogue social est en berne en France, mais on aurait tort de croire qu’Air France en est la cause. "L’affaire d’Air France n’est qu’un prétexte pour l’absence de la CGT à la conférence sociale. C’est juste un symbole, " explique Raymond Soubie, spécialiste des questions sociales et ancien conseiller du président de la République Nicolas Sarkozy.

En 2014, la CGT n’était pas venue à la conférence sociale et depuis 10 jours elle disait tantôt qu’il y allait, tantôt qu’elle n’y allait pas. "La conférence sociale est une occasion rêvée pour celui qui veut manifester son désaccord. "

Faire bonne figure

Le gouvernement fait un peu marche arrière et met la pression sur Air France pour éviter les licenciements. Mais cela s’explique par le fait que "la conférence sociale est la mise en scène du dialogue social voulu par le président de la République. Donc il faut réussir la pièce et il ne faut pas qu’un acteur soit manquant, " estime Raymond Soubie.

La CGT a des problèmes et c’est une bonne occasion pour se refaire une santé. "Dans cette situation la meilleure tactique c’est l’attaque, ce que fait Philippe Martinez, et la distanciation par rapport à la politique du gouvernement et des autres organisations syndicales. "

Deux lignes syndicales

En matière de dialogue social, il y a maintenant ceux qui souhaitent vraiment le dialogue social et les négociations collectives pour arriver à des résultats et il y a ceux qui sont comme la CGT, très sceptiques et absent du dialogue social. "Il y a deux lignes syndicales clairement différente et c’est ce que la conférence sociale va illustrer ", explique Raymond Soubie.

Toutefois, "Philippe Martinez n’a pas tout à fait tort car aucun des grands sujets, emplois, rémunération, travail, ne sont inscrits à l’ordre du jour de la conférence social. Les vrais sujets ne sont pas sur la table de la conférence. "

"La conférence sociale est une occasion rêvée pour celui qui veut manifester son désaccord", explique Raymond Soubie à Fabienne Sintès
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