Compétitivité : le rapport Gallois préconise 30 milliards d'euros de baisses de charges

Louis Gallois et Jean-Marc Ayrault, le 5 novembre 2012 à l\'Hôtel Matignon, à Paris.
Louis Gallois et Jean-Marc Ayrault, le 5 novembre 2012 à l'Hôtel Matignon, à Paris. (THIBAULT CAMUS / POOL)

Le commissaire général à l'investissement a remis, lundi, son rapport sur la compétitivité au Premier ministre.

COMPETITIVITE – Le commissaire général à l'investissement, Louis Gallois, a remis lundi 5 novembre son rapport sur la compétitivité au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. A la sortie de Matignon, lors d'une brève prise de parole, l'ancien patron a fait quelques annonces, relevées par francetv info. Le chef de l'Etat a ensuite réagi, tout comme le Fonds monétaire international (FMI).

France 2

22 mesures principales dans le rapport

Louis Gallois a annoncé que le rapport contenait 22 mesures destinées à un "choc de compétitivité, qui est en fait un choc de confiance". Parmi ces mesures, le commissaire à l'investissement a confirmé qu'il préconiserait 30 milliards d'euros de baisses de charges : 20 milliards de baisses de cotisations patronales et 10 milliards de baisses de cotisations salariales. 

"Je pars d'un diagnostic assez sévère du décrochage de l'industrie française (...). Je propose vingt-deux mesures principales. Je dis principales car il y en a d'autres", a-t-il déclaré. Ainsi, selon le journal Les Echos, le document rédigé par l'ex-patron d'EADS préconise aussi une série d'actions pour soutenir l'exportation, l'innovation, la recherche et la qualité des produits, ainsi que des simplifications administratives.

Le rapport de Louis Gallois a ensuite été publié en intégralité lundi après-midi. 74 pages divisées en six sections, qui mêlent constat sur l'état de l'économie française et propositions, et que francetv info a décortiqué. Le commissaire général à l'investissement reviendra sur les mesures qu'il préconise dans le JT de 20 heures de France 2.

Il faut "que se noue une sorte de pacte social"

"D'autre part, je propose des mesures qui visent à la reconquête industrielle. Il faudra du temps, de la méthode, de la persévérance", a ajouté Louis Gallois. "Il faut que le dialogue social trouve un nouveau dynamisme, un nouvel élan. Parce que nous avons besoin que se noue une sorte de pacte social entre tous les partenaires. Ce pacte social est en fait le véritable socle pour la compétitivité française", a-t-il encore déclaré en sortant de Matignon.

"Je crois que nous avons besoin d'une véritable mobilisation et, je ne crains pas de le dire, d'un véritable patriotisme. Il faut que le club France travaille de manière solidaire et s'engage dans cette reconquête", a-t-il poursuivi. "Je parle de choc de compétitivité, qui est un choc de confiance, vous voyez que j'ai l'esprit de compromis", a résumé le commissaire à l'investissement.

Le manque de compétitivité, un"défi majeur" pour la France

Le manque de compétitivité est le "défi majeur" de l'économie française, a estimé de son côté le FMI au terme d'une mission de surveillance menée en France, qui s'est terminée au début de la semaine dernière.  "Les perspectives de croissance de la France demeurent fragiles en raison des faibles conditions économiques en Europe, mais la capacité de la France à rebondir est aussi contrainte par un problème de compétitivité", écrit le FMI dans son rapport. L'institution juge ainsi que la réflexion sur le sujet lancée "à juste titre" par le gouvernement français constitue "une opportunité unique pour entreprendre des réformes d'envergure".

 

Lundi à la mi-journée, au terme de sa visite à Vientiane au Laos pour le sommet de l'Asem, le Forum Asie-Europe, le président François Hollande a promis de tirer "toutes les conclusions" du rapport Gallois mardi et a assuré que "tout sera fait pour l'emploi"

Francetv info

Le gouvernement doit annoncer une série de premières mesures mardi, à l'issue d'un séminaire sur la compétitivité. Selon Le Point.fr, il ne suivra pas la recommandation Gallois sur les charges. Le site d'information, sans dévoiler ses sources, affirme que l'exécutif choisira plutôt d'octroyer un crédit d'impôt aux entreprises.

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