Compétitivité : Benoît Hamon craint un "choc de pouvoir d'achat"

Le ministre chargé de l\'Economie sociale, Benoît Hamon, à Nice (Alpes-Maritimes), le 18 octobre 2012.
Le ministre chargé de l'Economie sociale, Benoît Hamon, à Nice (Alpes-Maritimes), le 18 octobre 2012. (FRANZ CHAVAROCHE / MAXPPP)

Le ministre chargé de l'Economie sociale anticipe sur les éventuelles recommandations du rapport Gallois, remis demain.

COMPETITIVITE - C'est plus qu'un simple jeu de mots. Le ministre chargé de l'Economie sociale, Benoît Hamon, a estimé dimanche 4 novembre qu'une diminution de 30 milliards des cotisations, comme pourrait le préconiser le rapport Gallois, créerait un "choc de pouvoir d'achat" pour les Français. Cette déclaration est faite à la veille de la remise, par l'ex-président d'EADS, d'un rapport très attendu sur la relance de la compétitivité au gouvernement. Louis Gallois avait exprimé en juillet sa volonté d'un "choc de compétitivité". L'exécutif annoncera dès mardi ses premiers arbitrages.

Les patrons du CAC 40 ont demandé une baisse de 30 milliards d'euros sur deux ans, financée par une augmentation de la TVA et des économies budgétaires. "Si on concevait que l'on puisse transférer 30 milliards de cotisations salariales et patronales vers les ménages, il y aurait un choc qui serait un choc de pouvoir d'achat immédiat", a estimé Benoît Hamon lors du Grand Rendez-vous Europe 1, Aujourd'hui en France et iTélé. Ce "choc" se traduirait selon lui "par des capacités à consommer des Français beaucoup moins importantes, puisqu'ils devraient payer plus de CSG et de TVA".

Benoît Hamon a tenu à souligner que le rapport Gallois était "une contribution". "C'est le gouvernement qui gouverne (...) Est-ce que l'on considère que pour rétablir notre compétitivité, nous faisons le sacrifice de notre protection sociale, la prise en charge de la maladie et des personnes âgées ?" s'est-il interrogé. "Il est inconcevable de considérer que le problème des entreprises françaises est juste un problème de coût du travail. Il y a un problème d'innovation, d'investissement, d'épargne". Hamon plaide ainsi pour une relance de la consommation, sans quoi la France "n'aura pas les moyens de remplir les carnets de commande de ses propres entreprises".