CGT : Serge Pléchot veut une démission "rapide" de Thierry Lepaon

(Thierry Lepaon, secrétaire générale de la CGT, mis en cause pour avoir bénéficié de couteux travaux dans son appartement de fonction et avoir touché une indemnité conséquente après avoir quitté la CGT Basse-Normandie © Maxppp)

Thierry Lepaon, le numéro 1 de la CGT, compte bien tout faire pour rester à la tête du syndicat. Il l’a dit jeudi sur France Info. Serge Pléchot, le secrétaire général de la Fédération de la construction de la CGT, demande, lui, ouvertement, sa démission. Il s’en explique ce samedi matin sur notre antenne.

Vous demandez la démission de Thierry Lepaon, pourquoi ?

"Ce n’est pas moi qui demande, c’est notre commission exécutive fédérale qui s’est réunie mardi 16 décembre et qui à l’unanimité a effectivement demandé la démission le plus rapidement possible du secrétaire général de la CGT. Parce qu'aujourd’hui on est dans le discrédit total, on est dans un conflit latent et dans une période grise foncée pour la CGT ".

Serge Pléchot, invité de Jules Lavie, sur France info
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Sur France info jeudi, Thierry Lepaon s’est expliqué sur les 26.000 euros  qu’il a perçus au moment de quitter le comité régional de Normandie de la CGT pour rejoindre le niveau national. "Au moment de mon départ, comme j’ai vécu trois années de chômage - j’étais militant bénévole - les camarades ont souhaité m’indemniser, me faire plaisir, en m’offrant six mois de salaire avant mon départ ", a-t-il dit. Qu’en pensez-vous ?

 

"Une décision telle que celle-là est prise localement, donc je n’ai pas à juger de la décision qui a été prise par le comité régional de Normandie. Mais faire plaisir à un camarade est une chose, le faire avec l’argent de la CGT, et notamment, puisque ça serait à priori la confédération qui aurait réaffecté cette somme de ses comptes sur  le comité régional, on trouve que ce n’est pas juste ".

 

Thierry Lepaon affirme par ailleurs qu’il aurait découvert, après coup, le montant des travaux pour son appartement de fonction et pour son bureau. Est-ce que vous le croyez ?

 

"Ce n’est pas une question de croire ou de ne pas croire. Moi, lorsque lors de la réunion du 4 novembre il nous dit qu’il n’était au courant de rien et que le 5 au matin, sur un média national, il dit : 'Vous auriez vu l’état de la moquette'… ça veut bien dire qu’il avait bien vu l’état de l’appartement avant que les travaux soient engagés ".

 

"Il (Thierry Lepaon) n’a rien fait d’illégal mais cette accumulation de choses fait qu’aujourd’hui, et Thierry Lepaon et toute la CGT est discréditée tant auprès des employeurs et des salariés que nous défendons que sur la place publique ".

 

Le parlement de la CGT, le comité confédéral national, est la seule instance qui peut aujourd’hui révoquer Thierry Lepaon. Elle se réunira le 13 janvier. Est-ce un scénario possible selon vous ?

 

"C’est un scénario possible puisqu’il a été fortement demandé à Thierry Lepaon de démissionner, comme ça l’est encore aujourd’hui par tout un tas d’organisations de la CGT. A priori, il se donne un délai jusqu’au 6 février pour prendre une décision mais si cette décision n’est pas prise au 6 février, on pourrait aller sur une révocation. Evidemment, il y a des modes de vote pour obtenir la révocation du secrétaire général et ça pourrait intervenir au 13 janvier ."

 

"Au sein de la CGT il faut trouver une solution rapide. Et le fait de dire par notre secrétaire général : 'Je ne suis pas le rat qui quitterai le navire', rien que l’image et le fait d’employer le terme de rat n’est pas juste. Moi je ne souhaite pas que ce soit le capitaine numéro 2 du Concordia ".

 

Y a-t-il aujourd’hui un risque de scission au sein de la CGT ?

"Je pense que les militants et les dirigeants de la CGT sont assez intelligents pour trouver une position commune qui permettrait que la CGT sorte grandie de ça. Mais c’est un risque ".