Cette nuit a été signé l'acte de décès de Dexia, du moins sous sa forme actuelle.

(BRUNO FAHY / BELGA / AFP)

La Belgique, la France et le Luxembourg ont volé au secours du groupe franco-belge cette nuit : la première banque victime de la crise de la dette en Europe sera dépecée pour subsister. Paris et Berlin ont promis un plan de recapitalisation de l'ensemble du secteur.

La Belgique, la France et le Luxembourg ont volé au secours du groupe franco-belge cette nuit : la première banque victime de la crise de la dette en Europe sera dépecée pour subsister. Paris et Berlin ont promis un plan de recapitalisation de l'ensemble du secteur.

Le groupe n'a pas survécu à la crise de la dette souveraine, qui a tari le flux des liquidités dont il avait besoin pour poursuivre ses activités. Le conseil d'administration a accepté une offre de l'Etat belge de prendre le contrôle à 100% de Dexia Banque Belgique, la filiale belge du groupe Dexia, pour 4 milliards d'euros. Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a qualifié le prix adopté de "raisonnable" et a indiqué que la Belgique entendait rester plusieurs années propriétaire de cette banque de détail, afin d'en "assurer la continuité".

"Les ménages (belges) peuvent être sûrs et certains que leur argent est en sécurité sur leurs comptes courants", a assuré pour sa part le Premier ministre belge Yves Leterme. La banque a fait face ces derniers jours à des retraits de fonds importants de ses clients, a reconnu lundi son administrateur délégué Pierre Mariani, même si, a-t-il tempéré, ces retraits sont "sans commune mesure avec ce qui avait été observé en 2008", lorsque la banque avait frôlé la faillite.

Les Etats se sont par ailleurs mis d'accord sur la répartition des quelque 90 milliards d'euros de garanties à apporter à la future structure de défaisance qui subsistera à l'issue du démantèlement: 60,5% pour la Belgique, 36,5% pour la France et 3% pour le Luxembourg.

Craintes de contagion

Le ministre de l'Economie et des Finances, François Baroin, a exclu ce matin que d'autres banques françaises puissent connaître le même sort que Dexia, qui constitue selon lui "un cas particulier". Cependant, la crainte que Dexia ne soit au contraire que le premier cas d'une série de victimes de la crise confduit à l'accélération des préparatifs d'un plan coordonné de recapitalisation des banques en Europe.