VIDEO. Effets de la suppression de l'ISF : "On ne juge pas le 100 mètres haies au bout de 12 mètres", estime Gérald Darmanin

France Inter

Dans une métaphore sportive, Gérald Darmanin a confirmé qu'un retour de l'ISF n'est pas programmé. Pour le ministre de l'Action et des Comptes publics, il est encore trop tôt pour faire le bilan de la suppression de l'impôt sur la fortune. 

"Il n'y aura pas de retour de l'ISF dans notre pays", a confirmé Gérald Darmanin jeudi 6 décembre sur France Inter, au lendemain de l'annonce de l'Élysée qui refuse tout recul sur cet impôt. Le ministre de l'Action et des Comptes publics a défendu la "cohérence du programme économique" d'Emmanuel Macron et estimé, dans une métaphore sportive, qu'"on ne juge pas le 100 mètres haies au bout de 12 mètres haies". Selon lui, il est trop tôt pour juger des effets produits par la suppression de l'impôt sur la fortune (ISF), effective depuis seulement quelques semaines, et son remplacement par l'IFI (Impôt sur la fortune immobilière).

"On ne va pas changer la politique fiscale toutes les semaines"

Invité à dire si Emmanuel Macron avait bel et bien recadré les ministres qui ont commencé, sous la pression des "gilets jaunes", à envisager publiquement le rétablissement de l'ISF, Gérald Darmanin s'est refusé à confier ce que disait le président de la République lors du conseil des ministres. Mais, selon lui, ce dernier "a bien montré la cohérence de son programme économique" à cette occasion et que le gouvernement ne reviendra "pas cette année, dans quelques jours, sur la suppression de l'impôt sur la fortune".

"Cet impôt sur la fortune, il aurait dû être payé par quelques milliers de contribuables au mois de juin dernier. C'était il y a quelques semaines. On ne va pas changer la politique économique et fiscale de notre pays toutes les semaines !, a déclaré le ministre de l'Action et des Comptes publics. Qu'il y ait dans un an ou deux ans, une évaluation du Parlement, qu'on modifie des choses quand on aura constaté que des choses fonctionnent ou fonctionnent mal, c'est normal, c'est le but de la démocratie. Mais il n'y aura pas de retour de l'ISF dans notre pays", a dit Gérald Darmanin.

Évaluation avant la fin de l'année prochaine 

Tout en restant ambigu et en refusant de répondre à la question 'l'ISF pourrait-il être rétabli pendant le quinquennat ?', Gérald Darmanin s'est borné à dire : "On verra l'évaluation avant la fin de l'année prochaine", et a ensuite défendu la logique de la politique économique du gouvernement, en prenant l'exemple des Hauts-de-France, où il a été maire de Tourcoing, près de Lille. "La suppression de l'ISF va permettre à des entreprises, à des investisseurs, de revenir dans notre pays et de ne pas rester du côté de la Belgique, de revenir en France, de créer des entreprises", a assuré Gérald Darmanin.

Le ministre de l'Action et des Comptes publics, interrogé sur l'existence de chiffres qui montreraient un éventuel effet de cette suppression de l'ISF sur les investissements de l'économie française, a de nouveau demandé du temps pour faire le bilan d'un "impôt supprimé il y a quelques semaines" seulement. 

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