INFO FRANCEINFO. En plus des APL, les aides au logement ALF et ALS baisseront de 5 euros dès le 1er octobre

Une étudiante travaille dans sa chambre dans une résidence à Toulouse (Haute-Garonne), le 9 septembre 2013.
Une étudiante travaille dans sa chambre dans une résidence à Toulouse (Haute-Garonne), le 9 septembre 2013. (PASCAL PAVANI / AFP)

L'ensemble des aides au logement bénéficient à 6,5 millions de ménages français.

Au milieu de l'été, le gouvernement dévoile une nouvelle restriction budgétaire. Matignon a annoncé, samedi 22 juillet, à France 2, que les aides personnalisées au logement (APL), qui bénéficient à 2,6 millions de personnes, allaient baisser uniformément de 5 euros par mois et par foyer à partir du 1er octobre. En début de soirée, le ministère de la Cohésion des territoires a précisé à franceinfo que cette mesure concernera également les allocations de logement familiales (ALF) et les allocations de logement sociales (ALS), qui sont versées à 3,9 millions de personnes.

Pourquoi une telle décision ?

Pour le gouvernement, il s'agit de faire des économies à l'heure de boucler le budget. Les aides au logement, qui bénéficient à 6,5 millions de ménages français, coûtent 18 milliards d'euros par an au budget de l'Etat. Selon un calcul de l'AFP, une baisse de 5 euros par mois et par ménage permettra d'économiser 32,5 millions d'euros mensuel, donc un peu moins de 100 millions d'euros sur les trois derniers mois de l'année en cours.

Le ministère de la Cohésion des territoires assure que la mesure ne correspond qu'"à l'application d'une réforme d'économie budgétaire décidée sous le quinquennat précédent et pas encore appliquée". Vraiment ? L'ex-ministre du Logement Emmanuelle Cosse dément. "Il faut arrêter de dire n'importe quoi", lance-t-elle, interrogée par franceinfo.

Cette baisse est-elle une surprise ?

Pas vraiment. Jeudi, lors du débat d'orientation des finances publiques pour 2018, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, avait affiché la couleur en annonçant des coupes. Il avait évoqué des baisses dans les dépenses de logement, de formation professionnelle et dans les aides sociales. Il avait appelé à un "effort sans précédent", afin de réduire de trois points le poids des dépenses publiques (56,4% du PIB) d'ici à 2022.

France 2 relève que Gérald Darmanin avait précisément évoqué une baisse des APL le 12 juillet.

France 2

Malgré tout, l'annonce a été fraîchement accueillie par certains députés de La République en marche, dont l'ancien porte-

Comment réagissent les syndicats étudiants ?

Le sujet est sensible chez les jeunes, car environ 800 000 étudiants bénéficient de l'APL. Le premier syndicat étudiant, la Fage, s'est immédiatement insurgé contre l'annonce du gouvernement, y voyant une menace pour "la poursuite d'études" de certains. Le syndicat demande au gouvernement d'Edouard Philippe et au président Emmanuel Macron "de ne pas matraquer le portefeuille des étudiants en revenant sur cette mesure injuste, d'ouvrir une vraie réforme des aides sociales étudiantes et de lancer sans délai le plan de 80 000 logements annoncé dans le programme du président de la République".

Selon le syndicat Promotion et Défense des étudiants, "des coupes sur les aides au logement rendront les conditions de vie des étudiants encore plus difficiles, les conduisant à abandonner leur logement ou à être plus nombreux encore à mettre leurs études en danger avec l'exercice d'une activité rémunérée", alors que 100 000 étudiants travaillent déjà actuellement à mi-temps.

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