La Cour des comptes épingle les aides "peu ciblées" et "insuffisamment contrôlées" aux buralistes

La France comptait un peu plus de 25 000 buralistes en 2016, selon la confédération des buralistes (image d’illustration).
La France comptait un peu plus de 25 000 buralistes en 2016, selon la confédération des buralistes (image d’illustration). (MAXPPP)

Dans son rapport annuel publié mercredi, la Cour des comptes épingle la politique de soutien aux débitants de tabac, à la fois commerçants et préposés des Douanes, qui bénéficient de "dispositifs toujours nombreux, peu ciblés et insuffisamment contrôlés".

La Cour des comptes dévoile mercredi 8 février son traditionnel rapport annuel, chargé d'évaluer la qualité de gestion des politiques publiques et de proposer des pistes de réforme pour lutter contre le gaspillage des ressources de l'État. Elle pointe notamment du doigt les aides réservées aux débitants de tabac, qui sont à la fois commerçants et préposés des Douanes. Des "dispositifs toujours nombreux, peu ciblés et insuffisamment contrôlés", souligne le rapport.

En décidant d'augmenter le prix des cigarettes, le gouvernement espérait bien faire baisser la consommation de tabac. Et pour calmer la colère des 25 000 buralistes de l'Hexagone, il a réévalué à plusieurs reprises les aides qui leur sont accordées. Celles-ci ont atteint 92 millions d'euros en 2015. Certaines sont ciblées, réservées aux débitants en difficulté ou conçues pour renforcer la sécurité du bureau de tabac. 

Des ventes en baisse et des revenus en hausse

La Cour des comptes relève une "insuffisance" des contrôles ainsi qu'une "politique de soutien à revoir en profondeur". Elle note par exemple que "malgré la baisse des ventes, les revenus ont continué d'augmenter". Même dans les départements frontaliers, le chiffre d'affaires est resté quasi-stable entre 2012 et 2015, explique-t-elle.

La Cour des comptes estime en substance que la situation économique du secteur n'est pas à plaindre et demande une remise à plat du système des aides. Face à la baisse inéluctable de la consommation de tabac, l’objectif principal, conclut-elle, doit être la reconversion de ces commerces à d'autres activités.