Budget 2014 : où le gouvernement va-t-il faire des économies ?

Le ministre de l\'Economie, Pierre Moscovici, et le ministre délégué au Budget, Bernard Cazeneuve, le 11 septembre 2013, à Bercy.
Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, et le ministre délégué au Budget, Bernard Cazeneuve, le 11 septembre 2013, à Bercy. (ERIC PIERMONT / AFP)

Pour réduire le déficit public, il prévoit un effort "sans précédent", basé à 80% sur une restriction des dépenses.

Un effort "sans précédent", martèle le gouvernement. Au total, l'Etat va économiser près de 15 milliards d'euros en 2014. Pour réduire le déficit public (qui devrait atteindre 3,6% du PIB), le gouvernement prévoit une action basée à 80% sur des économies dans les dépenses. Une première. Francetv info détaille les économies contenues dans le budget 2014, présenté mercredi 25 septembre.

Des économies en trompe-l'œil

9 milliards pour l'Etat, 6 milliards pour la Sécu. En réalité, les 15 milliards d'euros d'économies annoncées par le gouvernement se décomposent en deux parties. Le projet de loi de finances contient 9 milliards d'euros d'économies. Les 6 autres milliards concernent "la sphère sociale" et seront inclus dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, présenté jeudi.

Seulement 1,5 milliard de baisse de dépenses. Les dépenses de l'Etat ne diminueront pas nominalement de 9 milliards d'euros comme on pourrait le croire. Cette baisse de 9 milliards d'euros doit s'entendre par rapport à l'évolution spontanée des dépenses. Chaque année, celles-ci augmentent naturellement de 7 milliards d'euros. Le budget 2014 ne prévoit donc en fait que 1,5 milliard d'euros de baisse de dépenses, soit une économie de 8,5 milliards d'euros. Avec des économies réalisées sur la charge de la dette, on arrive au chiffre de 9 milliards d'euros.

Le détail des 9 milliards d'économies

Les ministères au régime. Premier levier d'action : les dépenses de fonctionnement des ministères, sur lesquelles 2,6 milliards d'euros d'économie vont être réalisés. En grande partie (1,7 milliard d'euros) grâce à la stabilité de la masse salariale. Ainsi, le point d'indice des fonctionnaires reste gelé, et le nombre de fonctionnaires n'augmentera pas. Si des postes seront créés dans l'Education nationale, la police, et la justice, d'autres seront supprimés, principalement au ministère de la Défense et à Bercy.

Pour le reste (0,9%), chaque ministère est prié de serrer son budget de fonctionnement. Un exemple (parmi d'autres) : l'Etat va économiser 35 millions d'euros sur l'entretien immobilier de ses bâtiments.

Moins de financements pour les collectivités et les opérateurs. L'Etat va économiser 3,3 milliards d'euros sur ses dotations aux collectivités locales et aux opérateurs et agences de l'Etat. Ce sont les communes qui vont le plus contribuer, avec une baisse de 840 millions d'euros (56%) de la dotation de l'Etat, suivies des départements (-476 millions, -32%) et des régions (-184 millions, -12%).

Concernant les agences et opérateurs de l'Etat (Météo France, Centre national du cinéma, universités, grandes écoles, etc.), ils verront leurs moyens réduits de 4%, "alors qu'ils ont progressé de 15% durant le précédent quinquennat", souligne le gouvernement. A titre d'exemple, l'Etat va économiser quelque 210 millions d'euros sur le fonds de roulement des agences de l'eau.

Les autres économies. Enfin, l'Etat va économiser 2,6 milliards d'euros sur les dépenses d'investissement et les interventions de l'Etat, c'est-à-dire sur les politiques mises en œuvre par les ministères. Par exemple, la réforme du bonus/malus écologique pour l'automobile va permettre de réaliser 230 millions d'euros d'économie. De même, le gel des aides personnalisées au logement (qui ne seront donc pas revalorisées), permettront d'économiser 177 millions d'euros.

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