Pour la première fois, la France emprunte à des taux négatifs

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La France a émis lundi des Bons du Trésor de valeur négative, une situation inédite pour la dette française qui se révèle actuellement extrêmement attractive. Cela signifie que les investisseurs perdent de l'argent pour prêter à l'État français.

Le lundi 9 juillet restera dans les annales économiques françaises, les Bons du Trésor (BTF) sont tombés à un niveau historiquement bas, à respectivement -0,005 % et -0,006 %.

Autrement dit, les investisseurs — dans la crise que connaît la finance mondiale — se ruent sur ces Bons à court terme (de trois à six mois avant de rembourser). Une situation surprenante au premier abord, puisque les investisseurs perdent (un peu) d'argent, mais ces Bons s'avèrent être un placement de bon père de famille en réalité.

"C'est comme louer un coffre-fort à la banque" , explique Mathieu Chabran de la société de placement financier Tikehau IM, cité par les Échos. "Cela prouve qu'en ces temps de turbulences financières, la France fait figure de pays sûr" , note Patrick Jacq, stratégiste chez BNP Paribas.

En tout l'Agence France Trésor (agence publique affiliée au ministère de l'Économie), qui a à sa charge de placer la dette française sur les marchés financiers, a pu lever 7,7 milliards d'euros par ce biais.

L'Allemagne toujours destination numéro un

Parmi les investisseurs classiques, comme les institutions, les assureurs ou les fonds de pension ont besoin de placer plusieurs centaines de millions d'euros par semaine.

Et finalement, la note de la France sur les marchés financiers — qui reste très bonne — se révèle de plus en plus rare parmi les pays occidentaux. En effet, la France est toujours notée "triple A" par deux des trois grandes agences de notation, Moody's et Fitch.

Avec la crise européenne autour de la monnaie commune, même si l'Allemagne reste la première destination de ces investissements, la France se révèle plutôt attractive. D'ailleurs, nos voisins allemands avaient — en janvier dernier — déjà emprunté sur un courte période de six mois à -0,012 %.