La perte du AAA français laisse les marchés de marbre

A la Bourse de Francfort, en Allemagne, le 16 janvier 2012.
A la Bourse de Francfort, en Allemagne, le 16 janvier 2012. (ALEX DOMANSKI / AFP)

La Bourse de Paris a clôturé en légère hausse et la France n'a eu aucun mal à emprunter 8,59 milliards d'euros, à des taux en baisse. 

La perte du triple A français n'est-elle déjà plus qu'un mauvais souvenir pour les marchés ? Ils sont en tout cas restés de marbre lundi 16 janvier, première séance après la dégradation de la note de la France par l'agence Standard & Poor's, vendredi.

Après "l'angoisse", "l'espoir" ? 

La Bourse de Paris a terminé la séance en hausse (+0,89 %) et la France n'a eu aucun mal à emprunter 8,59 milliards d'euros à court terme, à des taux en baisse et avec une forte demande des investisseurs.

C'est la preuve, selon les investisseurs, que cette dégradation était anticipée dans les cours et même bienvenue, car elle a mis un terme à des mois d'attente. Elle "permet de se débarrasser d'un élément anxiogène qui pesait sur la cote", a expliqué Franklin Pichard, directeur de Barclays Bourse. "Avant, le marché vivait dans l'angoisse ; maintenant, il vit dans l'espoir", a-t-il résumé.

Plusieurs facteurs expliquent ce calme relatif

Cette relative sérénité des investisseurs s'explique également par d'autres facteurs, à commencer par la fermeture des marchés américains lundi en raison d'un jour férié. Les marchés sont aussi réceptifs à la volonté de l'Union européenne de calmer le jeu dans la crise de la dette. Même les difficultés en cours sur les négociations en Grèce sont passées inaperçues.

L'attitude de la Banque centrale européenne (BCE), qui abreuve en liquidités les banques, n'est pas non plus étrangère à ce retour à la hausse des valeurs boursières. 

Un emprunt du Trésor français scruté jeudi

Les investisseurs ont par ailleurs été confortés par la décision de Moody's, autre grande agence, de laisser inchangée la note de la France et de ne pas modifier sa perspective pour le moment.

La décision de Standard & Poor's de dégrader la note du Fonds européen de stabilité financière (FESF), lundi en fin de journée, pourrait toutefois changer la donne mardi. Et les prochaines émissions de dette en zone euro seront scrutées par les investisseurs, à commencer par un emprunt à long terme du Trésor français, jeudi.