La France perd son AAA et passe "sous perspective négative"

L\'agence de notation Standard & Poor\'s a dégradé la note de la France, le 13 janvier 2012.
L'agence de notation Standard & Poor's a dégradé la note de la France, le 13 janvier 2012. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Standard & Poor's confirme la dégradation de la note française à AA+. L'agence de la notation met en cause la situation de la zone euro mais aussi des spécificités françaises.

La France a perdu son précieux AAA, la meilleure note financière possible, désormais abaissée d'un cran à AA+ avec perspective négative, confirme vendredi 13 janvier l'agence Standard and Poor's (S&P). L'information sur la dégradation avait fuité dans l'après-midi d'une source européenne, alors que Standard & Poor's a averti de sa décision les Etats concernés.  

François Baroin avait confirmé la dégradation de la note française au "20 heures" de France 2. "C'est clairement la gouvernance de la zone euro et son instabilité" qui sont en cause selon le ministre, et non "les réformes de structure"  ou "les questions budgétaires" françaises.

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"Nous sommes dans la bonne direction et ce ne sont pas les agences de notation qui font la politique de la France", a ajouté François Baroin, avant d'annoncer qu'il n'y aurait "pas de nouveau plan de rigueur" en France.

La nouvelle note de la France, AA+, est placée sous "perspective négative" par S&P. En clair, l'agence envisage de dégrader à nouveau cette note à moyen terme. Le risque d'une nouvelle dégradation en 2012 ou 2013 est d'"au moins une sur trois", précise l'agence.

Pourquoi S&P dégrade la note de la France ? 

L'agence indique dégrader la note de la France en raison "de l'aggravation des problèmes politiques, financiers et monétaires dans la zone euro à laquelle la France est étroitement liée". L'agence précise que la note de la France continue de "refléter son économie saine, diversifiée et solide dont la main-d'oeuvre est hautement qualifiée et productive". Mais elle note à l'inverse "l'endettement relativement élevé des administrations publiques ainsi que les rigidités du marché du travail", tout en relevant que le gouvernement français "traite ces questions par une stratégie de consolidation budgétaire et de réformes structurelles". 

Que disent les autres agences de notation ?

L'espoir était revenu côté français avec les annonces encourageantes de Fitch mardi. Cette autre agence de notation avait assuré qu'il n'y aurait pas de dégradation du triple A français en 2012.

Moody's, une troisième agence, avait de son côté annoncé le 18 octobre son intention de réévaluer la perspective stable du AAA attribué à la France. Ses conclusions sont attendues au premier trimestre 2012.

Comment ont réagi les marchés ?

Le CAC 40, qui était en hausse avant les premières rumeurs, a terminé la séance de vendredi sur un modeste repli de 0,11 %, à 3 196 points. La Bourse de New York a fini en petite baisse vendredi, insensible à l'annonce de l'abaissement par Standard and Poor's de la note de crédit de la France: le Dow Jones a cédé 0,39% et le Nasdaq 0,51%.

L'euro, s'est maintenu en forte baisse vendredi, résistant cependant à la confirmation de François Baroin. Vers 20h20 (heure française), l'euro valait 1,2669 dollar. La monnaie unique avait chuté en milieu d'après-midi à 1,2624 dollar, son plus bas niveau depuis août 2010. A 23 heures (heure française), l'euro valait 1,2677 dollar contre 1,2816 dollar 24 heures plus tôt.

Quels sont les autres pays concernés ?

L'Autriche perd également son triple A et est désormais notée AA+. L'Allemagne conserve en revanche son triple A avec une perspective stable. Le triple A de la Finlande est également confirmé mais la perspective est négative. Sur les neuf pays dont la note est déclassée, cinq sont rétrogradés d'un cran et quatre (Espagne, Italie, Portugal et Chypre) sont abaissés de deux crans. Pour S&P, le principal risque pour la zone euro est une détérioration de la situation budgétaire dans un environnement récessif.Sept pays voient leur note confirmée. Sur ces sept, tous ont des perspectives négatives, sauf l'Allemagne et la Slovaquie.

Il ne reste donc plus que quatre pays (l'Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande et le Luxembourg) dans la zone euro à bénéficier du AAA dans trois agences notation majeures. La Commission européenne a d'ailleurs "regretté la décision aberrante prise aujourd’hui par Standard and Poor’s concernant la note de plusieurs pays de la zone euro, au moment où celle-ci agit de manière décisive sur tous les fronts pour répondre à la crise".

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