Salon de l'automobile de Genève : les Français tentent de se faire une place sous le soleil du premium

Une DS7 Crossback présentée par PSA avant l\'ouverture du salon international de l\'automobile de Genève. 
Une DS7 Crossback présentée par PSA avant l'ouverture du salon international de l'automobile de Genève.  (FABRICE COFFRINI / AFP)

Le salon de l'automobile de Genève ouvre ses portes ce jeudi. Cette grand-messe de l'industrie automobile européenne voit les marques françaises partir à l'assaut du très convoité marché du premium.

Genève, son lac et ses belles voitures : le salon de l'automobile de Genève ouvre ses portes au public ce jeudi 9 février. Chaque année, le salon présente son lot de nouveaux modèles. Pas ceux que peuvent s'offrir le quidam, mais plutôt des véhicules à plusieurs dizaines de milliers d'euros, un segment dominé par les marques allemandes dans lequel les Français tentent de se faire une petite place.

Un marché particulièrement rentable

Avec 10% de marge minimum, soit le double de la moyenne du secteur automobile, le marché du premium est effectivement extrêmement rentable. Trois marques allemandes se partagent près de 80% du gateau : BMW, Mercedes et Audi. Il s'agit d'un marché profitable et en pleine croissance, selon le directeur commercial d'Audi France, Marc Meurer : "Sur ce marché à +5 %, Audi a fait l'année dernière +10 %, détaille-t-il. Cette année, avec nos différentes nouveautés, comme le nouveau Q2 ou le nouveau Q5, nous devrions avoir une nouvelle année record, à l'image de 2016, qui était elle-même une année record."

La DS7 Crossback pour concurrencer les allemandes

Année record aussi pour DS, mais cette fois en terme de dégringolade des ventes. La marque censée symboliser le luxe tricolore au sein du groupe PSA présente cette année un nouveau modèle, la DS7 Crossback : intérieur cuir, bois précieux. Un imposant 4X4 urbain à 50 000 euros, vanté par le directeur Europe de PSA, Maxime Picat : "[La DS7 Crossback est] tout ce que nous voyons comme étant le luxe, le premium à la française, de manière assez différente de nos concurrents allemands, japonais ou autres, sans pour autant renier la technologie qui est attendue par les clients, affirme Maxime Picat. Et Dieu sait si la DS7 Crossback en a énormément : aide à la conduite, version plug-in hybride. Il y a beaucoup de choses qui sauront satisfaire nos clients."

La demande évolue

Les Français ont-t-ils des chances de faire de l'ombre aux allemandes haut de gamme ? Ils ont au moins l'opportunité de gagner des parts de marché. Le porte-parole du comité des constructeurs français, François Roudier y croit parce que la demande est en train d'évoluer : "Les Allemands ont inventé le premium, explique François Roudier. Ce sont des voitures extrêmement chères, pour la plupart proposées au-delà de 80 000 euros, pleines d'options, très puissantes, puisque faites pour rouler en Allemagne sans limitations de vitesse. Maintenant, ce marché est intéressant parce qu'il peut descendre un petit peu : il y a une appétence pour les USV, des voitures plus ramassées. On voit donc un retour de la clientèle vers les voitures françaises, qui plaisent bien."

Une voiture vendue sur quatre est un SUV

Les SUV (les véhicules mi-berline mi-4X4représentent une voiture neuve sur quatre aujourd'hui en Europe, contre 5 % du marché il y a dix ans. Renault est très présent sur ce segment avec Captur, Koleos déclinés désormais en version haut de gamme. "Par exemple, sur le nouveau Captur, nous introduisons pour la première fois une version intiale avec du cuir et des équipements de haute technologie, détaille le directeur commercial Thierry Koskas. Nous essayons donc de nous positionner sur le premium. Cela correspond à une attente des clients : plus d'un tiers des Espace que nous vendons aujourd'hui sont sur la version haut de gamme initale."

Inébranlable mythe allemand

L'actualité de Renault à Genève est dominée par le retour de l'Alpine, mythique bolide bleu des années 60-70. Sa présentation a d'ailleurs attiré énormément de monde. Même le directeur de la marque Volkswagen la regardait de loin. Pourtant, Thierry Sybor, ancien de chez Renault, passé aujourd'hui chez le premier constructeur mondial l'affirme : malgré le scandale des moteurs truqués qui a sérieusement écorné l'image de son groupe, malgré l'assault d'autres constructeurs sur le marché du premium, la qualité allemande reste inégalée. "De fait, quand on conduit une voiture allemande, on n'a pas les mêmes sensations et le même plaisir de conduite qu'en conduisant par exemple une marque française. C'est vraiment impressionnant !", vante-t-il. Les Allemands n'ont d'ailleurs pour l'instant aucun souci à se faire : avec autour de deux millions d'unités vendues chacune, le trio BMW, Mercedes et Audi caracole loin devant. Après eux, le japonais Lexus, la marque Premium de Toyota.

Salon de l'automobile de Genève : les Français à l'assaut du premium
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