Prix du diesel : en Alsace, "les gens ne sont pas contents et ça se ressent à la pompe"

Une station-service en Alsace où le prix du diesel dépasse celui du sans-plomb 95 en octobre 2018.
Une station-service en Alsace où le prix du diesel dépasse celui du sans-plomb 95 en octobre 2018. (GREGOIRE LECALOT / RADIO FRANCE)

La hausse des taxes sur les carburants va se poursuivre pour rendre le carburant le plus polluant aussi onéreux que l'essence d'ici 2022. C'est fait, et même au-delà, en Alsace, dans de nombreuses stations-service. 

Entre le yoyo du baril de pétrole et la hausse des taxes sur les carburants, les tarifs à la pompe grimpent. Et ça n'est pas fini. La ministre du Travail a expliqué, mardi 23 octobre sur franceinfo, que "le gouvernement assume" cette fiscalité pour lutter contre le réchauffement climatique, tout en renforçant la prime à la conversion de voitures plus propres. En Alsace, où le diesel est devenu plus cher que l’essence sans plomb 95 dans 58% des stations-service, la pilule est difficile à avaler. 

La grogne à la pompe

20 euros, pas plus, c’est tout ce que Joseph met dans sa vieille Peugeot diesel quand il passe à la pompe du supermarché de Wasselonne, à une vingtaine de kilomètres de Strasbourg. "Ils mettent le gasoil plus cher plus cher que l’essence, c’est de la discrimination", déplore cet automobiliste qui n'a pas d'autre choix que de prendre le volant. "On habite dans un lieu où il faut une voiture pour aller faire ses courses. Il n’y a rien. C’est une zone sinistrée ici", indique-t-il. À la pompe d’à côté, Gilbert qui vient de faire le plein de la voiture de son entreprise confirme que les prix grimpent. "Je pense que c’est une augmentation de l’ordre de 25%, soit 20 euros par plein, précise-t-il. La société envisage sérieusement de repasser sur de l’essence."

Au garage, le diesel devient indésirable

Lucien Werlé, garagiste à Ittenheim sur la route de Strasbourg, tient l’une des dernières pompes indépendantes du département. L’explication de la hausse des prix à la pompe, "il faut la demander au sommet de l’État. Le baril de pétrole a augmenté aussi, mais pas dans ces proportions-là", affirme-t-il. Il remarque que la grogne de certains automobilistes augmente aussi. "Les gens ne sont pas contents. On le ressent à la pompe. Les budgets des voitures sont déjà chers, les réparations sont chères et ça commence à faire lourd, lance le garagiste. C’est surtout le diesel. D’ailleurs, on le ressent dans la vente des voitures neuves. On vend de plus en plus de voitures à essence."  

Des doléances à l'association d'automobilistes

À Strasbourg, dans son bureau de l’Automobile club association, la directrice juridique, Céline Kastner, dit recevoir des mails furieux de ses adhérents depuis deux ans. "Le choc est assez brutal. On a d’abord un niveau de taxation qui continue d’augmenter chaque année, constate-t-elle. Et il y a cet alignement qui a clairement pour ambition de sortir le diesel du parc français sauf qu’aujourd’hui le parc se renouvelle à peu près au bout de 13 ans." Il faut vraiment accompagner l’usager, demande Céline Kastner et "pas le punir avec un niveau de taxation pour dissuader de la voiture qui reste un outil de mobilité indispensable".

L’association demande la baisse des taxes, ainsi que des mesures d’incitation pour aller vers des voitures les moins polluantes possibles. 

Les taxes sur le diesel fâchent de nombreux Alsaciens - un reportage de Grégoire Lecalot
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