Grève des transporteurs de matières dangereuses : les barrages filtrants se poursuivent devant des dépôts pétroliers

Des camions font la queue à un dépôt pétrolier à Brest (Finistère), le 29 mai 2017.
Des camions font la queue à un dépôt pétrolier à Brest (Finistère), le 29 mai 2017. (FRED TANNEAU / AFP)

L'Ile-de-France est la principale région touchée et "la pénurie se fait sentir dans plusieurs stations", selon un responsable local de la CGT-Transports.

La grève des transporteurs de matières dangereuses (carburants, gaz, produits chimiques...) se poursuit mardi 30 mai. Des barrages filtrants devant des dépôts pétroliers ont repris en Ile-de-France et à La Rochelle (Charente-Maritime) notamment, selon la CGT, seul syndicat, non majoritaire, à l'origine du mouvement.

Des barrages filtrants, installés par les grévistes à l'entrée des neuf gros dépôts franciliens, ont de nouveau été mis en place notamment au port de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) et à la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne), selon la CGT. Toutefois, selon la gendarmerie, aucun blocage ni filtrage n'étaient constatés à Grandpuits, mais seulement la présence d'une demi-douzaine de militants CGT.

A La Rochelle, les grévistes ne laissaient passer que les transporteurs indépendants et les camions de services d'urgence de l'Etat (hôpitaux, gendarmerie...) et à Rouen, le dépôt de carburants de Rouen était bloqué, d'après un responsable local de la CGT.

Gare à la "surconsommation préventive"

L'Ile-de-France est la principale région touchée et "la pénurie se fait sentir dans plusieurs stations dont certaines, à la faible autonomie (un jour et demi) sont déjà fermées", a affirmé Fabrice Michaux, de la CGT-Transports. Ce syndicaliste évalue la proportion de grévistes "entre 60 et 80%", au quatrième jour de mobilisation. La préfecture de police de Paris a démenti en revanche toute "pénurie" de carburants et incité les automobilistes à ne pas "développer de surconsommation préventive".

Avec cette grève, "qui vient de la base", la CGT entend pousser le patronat à "négocier" l'insertion dans la convention collective du transport routier de "spécificités" propres aux matières dangereuses. Elle demande notamment une durée journalière de travail maximale de 10 heures, un suivi médical semestriel spécifique, un taux horaire minimal de 14 euros de l'heure et un treizième mois.

Le syndicat dit attendre en vain depuis le 10 mai une réponse à ses revendications. Sur RMC mardi, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a lancé un appel "au patronat qui peut régler cela rapidement", en lui demandant "d'écouter les salariés qui ont des revendications légitimes". "J'en ai parlé au Premier ministre, il est conscient des problématiques, j'espère qu'il va intervenir rapidement", a-t-il ajouté.