Plan de lutte contre la pollution de l'air : "Il reste tout un ensemble de choses à faire"

Vue de Paris, le 21 février 2018. 
Vue de Paris, le 21 février 2018.  (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

L'association Respire salue les initiatives du gouvernement sur la qualité de l'air, même si elle estime qu'une politique plus ambitieuse est possible. 

Le gouvernement a présenté vendredi de nouvelles mesures pour favoriser la qualité de l'air. "Ces mesures-là contre la pollution de l'air sauvent aussi des vies", a déclaré vendredi 20 juillet sur franceinfo Olivier Blond, membre de l'association Respire pour la prévention et l'amélioration de la qualité de l'air. "Il y a 48 000 personnes qui meurent chaque année à cause de la pollution de l'air : c'est 10 fois plus que les accidents de la route", a-t-il ajouté alors que le gouvernement présentait vendredi son plan de lutte contre la pollution de l'air.

Parmi les mesures envisagées : le développement du covoiturage, une chasse aux véhicules les plus polluants et la création de zones à faibles émissions. Des bonnes mesures pour Olivier Blond qui regrette toutefois que le gouvernement ne parle pas du diesel : "La position du gouvernement est incomplète si elle ne parle pas du diesel". Selon lui, il reste "tout un ensemble de choses à faire et qu'on pourrait rajouter dans le plan du gouvernement".


franceinfo : est-ce que vous jugez ces mesures efficaces ?

Olivier Blond : On est très content d'entendre que le gouvernement se saisit de ces questions-là parce que ces mesures-là contre la pollution de l'air sauvent aussi des vies. Il y a 48 000 personnes qui meurent chaque année à cause de la pollution de l'air : c'est 10 fois plus que les accidents de la route. Donc il faut vraiment faire quelque chose. Je pense qu'il y a besoin d'actions fermes et décidées parce que ça fait des années qu'on en parle.

Est-ce que des mesures comme celles-là seront prises comme une avancée par la population ou comme une complication de plus pour aller en ville avec sa voiture ?

Les zones à faibles émissions - une des mesures phares du plan du gouvernement - sont très intéressantes sur ce point, parce que finalement c'est un dialogue entre l'État, qui met un cadre, et les villes. On voit que les villes sont un peu peureuses aujourd'hui, elles n'ont pas envie de restreindre la circulation pour leurs habitants et notamment pour les habitants qui ont les véhicules les plus anciens et donc souvent les foyers les plus modestes. Il y a cette dimension sociale dans la question de la lutte contre la pollution de l'air qui est très importante et qu'il faut résoudre. Pour aller dans le sens du gouvernement, je sais qu'ils ont mis en place une mesure très intéressante qui s'appelle la prime à la conversion : des subventions supplémentaires pour les ménages les moins aisés pour les aider à avoir des voitures qui pourraient passer dans ces zones à basses émissions. On peut discuter mais je pense que c'est un premier pas dans une direction qu'il faut prendre de manière plus large et plus ambitieuse encore. Concernant les transports en commun, c'est évidemment une chose importante à faire que de renforcer les transports en commun car c'est 80 à 90% des transports quotidiens sur une région comme l'Ile-de-France.

Des mesures comme celles annoncées ce vendredi permettent-elles d'améliorer la qualité de l'air ou juste de limiter la casse ?

Ça va dans le bon sens, après on peut toujours rajouter des choses. Moi en tant qu'associatif, je regrette une chose très importante et qui manque : un point sur le diesel. La position du gouvernement qui répond à l'action européenne sur les dépassements des zones est incomplète si elle ne parle pas du diesel. Ces zones de dépassement sur lesquelles l'Europe nous sanctionne, ce sont des zones où il y a du NO2 - dioxyde d'azote - et il est produit à 90% par les véhicules diesel. Il faut vraiment envisager tout un ensemble de dispositifs pour se débarrasser relativement rapidement de ces véhicules. Il y a des solutions comme donner des subventions aux gens qui en ont besoin pour s'acheter de nouveaux véhicules, il faut également diminuer les crédits d'impôts sur le gasoil parce que c'est complètement anachronique, il y a tout un ensemble de choses à faire et qu'on pourrait rajouter dans le plan du gouvernement.

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