"Un surcoût de plus de 60 millions d'euros par an" : Air France "déplore fortement" la mise en place d'une écotaxe sur les billets d'avion

Un avion Air France à l\'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, en juin 2019.
Un avion Air France à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, en juin 2019. (ST?PHANIE BERLU / RADIO FRANCE)

Une écotaxe sur les billets d'avion, et du gazole moins bien remboursé pour les routiers : les annonces d'Élisabeth Borne provoquent inquiétudes et colère chez les professionnels du secteur.

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Le projet d'instaurer une écotaxe sur les billets d'avion, et celui de baisser le remboursement du gazole auquel ont droit les routiers, annoncés mardi 9 juillet par Élisabeth Borne lors du deuxième Conseil de défense écologique, provoquent la colère des professionnels du transport.

La ministre des Transports veut notamment mettre en place une écotaxe de 1,50 à 18 euros sur les billets d'avion à partir de 2020 pour tous les vols au départ de la France, sauf vers la Corse et l'outre-mer, et sauf vols en correspondance.

Colère chez Air France

Air France, le leader français du secteur, dit "déplorer fortement" cette annonce : "cette nouvelle taxe pénaliserait fortement la compétitivité d'Air France", estime la compagnie, et elle "représenterait un surcoût de plus de 60 millions d'euros par an pour le groupe". L'État calcule de son côté que cette taxe lui permettra de récupérer 180 millions d'euros par an, une enveloppe qui sera dédiée au "développement des transports ferrés autour des métropoles françaises".

"C'est un très mauvais coup porté aux compagnies aériennes françaises", confirme un autre dirigeant du secteur, contacté par franceinfo.

Inquiétude chez les transporteurs routiers

La ministre Élisabeth Borne a également annoncé que les transporteurs routiers allaient perdre une partie du remboursement dont ils bénéficient sur le gazole. Une mesure censée rapporter 140 millions à l'État, et qui provoque, elle aussi, la colère des professionnels du secteur. 

Cette mesure va leur coûter 2 centimes de plus par litre, soit un effort d'au moins 700 euros par an et par camion, calcule déjà le dirigeant d'une fédération de routiers, contacté par franceinfo, qui avoue être "très très déçu". En 2015, ils avaient déjà du renoncer à 4 centimes de ristourne après l'abandon de l'écotaxe.

"La rentrée de septembre s'annonce compliquée", ajoute-t-il. Les transporteurs avaient déjà averti le gouvernement que toucher à la fiscalité sur le carburant serait considéré comme le franchissement d'une ligne rouge. 

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