PSA-Aulnay : les salariés suspendent leur grève de quatre mois

Des salariés de l\'usine PSA Peugeot-Citroën d\'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) manifestent à Paris, le 18 mars 2013. 
Des salariés de l'usine PSA Peugeot-Citroën d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) manifestent à Paris, le 18 mars 2013.  (JACKY NAEGELEN / REUTERS )

La CGT et la direction du constructeur automobile ont annoncé la fin du mouvement entamé en janvier.

Les salariés de l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), en grève depuis janvier, ont voté la suspension de leur mouvement vendredi 17 mai, annoncent la CGT et la direction du constructeur automobile. Le site, dont PSA a programmé la fermeture pour 2014 afin d'ajuster ses capacités de production en Europe, produit au compte-gouttes depuis le début de l'année. L'usine emploie environ 2 500 personnes.

Les syndicats du site, selon la CGT, ont voté la suspension en assemblée générale et demandé à la CGT et à la CFDT de signer un protocole de fin de grève. "Pour l'ensemble des salariés, la fermeture de l'usine reste toujours inacceptable et injustifiée, écrit la CGT dans son tract. Cette fermeture est un véritable gâchis social qui aura des conséquences désastreuses au niveau de la région. C'est pourquoi si les salariés ont décidé de suspendre la grève, ils n'ont pas renoncé à défendre leur droit."

Qui était concerné par la grève ?

Cette grève dure, émaillée d'incidents et qui a paralysé la production de l'usine, avait démarré le 16 janvier à l'appel de la CGT, suivie par la CFDT de l'usine et de SUD, qui avait depuis quitté le mouvement. La direction de PSA a indiqué avoir "signé aujourd'hui avec la CGT un accord mettant un terme à la grève entamée le 16 janvier dernier sur le site d'Aulnay. Ce conflit concernait environ 130 personnes sur les 2 500 salariés du site".  

"Le travail doit reprendre dès mardi matin", a indiqué le délégué CGT de l'usine, Philippe Julien. "Mais de 7 heures à 9 heures, on va manifester dans l'usine", a-t-il expliqué, affirmant qu'il y avait eu "une résistance globale de l'usine et des salariés au plan social, bien au-delà des grévistes", ces quatre derniers mois. 

Quelles contreparties pour les grévistes ?

La CGT et la direction expliquent que quatre salariés licenciés - certains pour leur comportement violent durant la grève - bénéficieront des mesures de reclassement externe prévues par le plan social. Tout comme quelque 130 grévistes pour lesquels "une indemnité forfaitaire supplémentaire" est prévue s'ils quittent l'usine avant le 31 mai.

Selon Philippe Julien, environ 70 autres grévistes devraient recevoir des garanties écrites sur une mutation en interne. Toutes les procédures disciplinaires et judiciaires engagées par la direction contre des grévistes sont par ailleurs abandonnées, selon la CGT. Le syndicat a de son côté accepté de renoncer à ses recours en justice contre le plan de restructuration, selon la direction.

Que prévoit le plan social de PSA ?

Au total, PSA entend supprimer 8 000 emplois en 2013 et 2014 en France, dont environ 3 000 à Aulnay, 1 400 à Rennes et 3 600 à travers les structures du groupe. Le plan social a été approuvé par cinq syndicats du constructeur automobile sur six. Il reste contesté en justice par des représentants de salariés d'un site de la filiale Faurecia. Le tribunal de grande instance de Paris doit rendre sa décision sur cette plainte le 6 juin.

Les salariés d'Aulnay et Rennes ont jusqu'à la fin de l'année pour demander à être orientés vers des mesures de mobilité externe, de départ volontaire en retraite (300 salariés vont pouvoir bénéficier d'une préretraite) ou de reclassement interne. Le 1er janvier 2014 débutera la phase de licenciements collectifs pour motif économique, et l'envoi des propositions de postes de reclassement en interne en France et à l'étranger. 

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