"Le plan de soutien à l'automobile a des aspects positifs, mais..."

Une Peugeot 308 Hybride HDi 110, le 27 février 2009 au ministère de l\'Ecologie à Paris.
Une Peugeot 308 Hybride HDi 110, le 27 février 2009 au ministère de l'Ecologie à Paris. (CYRIL FOLLIOT / AFP)

Eric Saint-Frison, consultant automobile, analyse pour FTVi les mesures annoncées mercredi dans le cadre du plan de soutien à la filière automobile française.

Préparé depuis l'annonce de la suppression de 8 000 postes en France chez PSA Peugeot Citroën le 12 juillet, le plan de soutien à la filière automobile française a été présenté mercredi 25 juillet en Conseil des ministres. Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, l'a ensuite détaillé lors d'une conférence de presse.

Avec son œil de consultant automobile, Eric Saint-Frison, interrogé par FTVi, livre son regard sur les mesures annoncées dans le cadre de ce plan.

FTVi : Le plan annoncé par le gouvernement prévoit des mesures de soutien aux sous-traitants automobiles. Sont-elles suffisantes ? 

Eric Saint-Frison : Ce sont des mesures utiles et intéressantes, car elles produiront des effets à moyen terme. Par exemple, la mobilisation de 150 millions d'euros pour "soutenir [la] trésorerie" des sous-traitants, via la banque des PME Oseo, a une réelle validité : elle leur permettra de relancer leur activité. Les autres mesures, comme les financements dédiés à la modernisation des sites ou les crédits disponibles auprès du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA), permettent d'injecter de l'argent directement dans les entreprises. Ces mesures répondent au besoin de compétitivité de la filière automobile française.

Arnaud Montebourg avait promis "un soutien massif aux véhicules innovants et propres". Selon vous, les mesures annoncées remplissent-elles cet objectif ?

Oui, car renforcer le bonus écologique et promouvoir l'achat de véhicules électriques illustre ce désir d'augmenter la consommation de voitures "propres" en France. Mais c'est une volonté symbolique. Il ne faut pas oublier que la France est déjà très "propre", c'est un des pays les plus respectueux au monde parmi ceux de la "génération gaz à effet de serre".

J'estime surtout qu'il s'agit d'un plan sur le long terme : je ne suis pas certain que ces mesures aient un quelconque effet dans les trois prochaines années. Il faudrait accompagner ce plan de mesures sur le court terme, pour relancer la consommation dans le secteur automobile. Le gouvernement refuse de proposer une prime à la casse, parce que c'est une mesure phare de l'éxecutif précédent. Certes, elle a permis aux constructeurs étrangers d'en bénéficier, comme le dénonce le gouvernement actuel, mais, par ricochet, elle a aussi eu le mérite de booster les ventes de véhicules entre 2009 et 2011 en France. Il manque ce type de mesures dans le plan proposé mercredi. Finalement, il comporte des aspects positifs, mais il est incomplet.

Est-il possible de le compléter ? Avec quelles mesures ?

Pour la filière automobile, l'aide à la consommation est vitale. Rappelons qu'en moyenne les Français changent de voiture tous les huit ans. Si la consommation n'est pas relancée dans le secteur, ce sont tous les emplois en aval de la production qui vont en pâtir. Et cela pourrait entraîner, à l'avenir, des suppressions d'emplois dans la vente, l'entretien et la réparation de voitures.

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