VIDEO. Carlos Ghosn : comment l'ex-roi des voitures s'est fait la malle

"Coup de théâtre dans l'affaire Carlos Ghosn : l'ancien numéro un de Renault-Nissan a quitté le Japon...", titrait le journal télévisé du mardi 31 décembre 2019. En résidence surveillée à Tokyo après son arrestation un an auparavant, comment a-t-il pu s'enfuir au Liban, au nez et à la barbe des autorités nippones ? Le 16 janvier 2020, "Complément d'enquête" rejoue "La Grande Evasion" de l'ex-PDG.

Ces images de vidéosurveillance sont les dernières de Carlos Ghosn au Japon. Nous sommes le dimanche 29 décembre à Minato, quartier cossu de Tokyo où est situé l’ambassade de France. A 14h30, l'ex-PDG, en liberté conditionnelle, sort de sa résidence. On le voit marcher seul, calmement, au milieu des passants. Il porte un masque chirurgical blanc sur le visage – au Japon, ça n'a rien de surprenant : tout le monde en porte un en hiver pour se protéger des épidémies de grippe.

C'est le journaliste Yann Rousseau, correspondant du quotidien Les Echos au Japon, qui commence le récit d'une rocambolesque exfiltration. Dans un hôtel du quartier de Roppongi prisé par les expatriés, l'homme d'affaires franco-libanais aurait retrouvé deux étrangers. Arrivés de Dubaï dans la matinée, ils sont munis de passeports américains.

Ensemble, les trois hommes montent dans un train, direction Osaka… Deux heures trente plus tard, les caméras de surveillance les montrent pénétrant dans un hôtel, à deux pas de l’aéroport international du Kansai. 

A l'aéroport du Kansai, deux énormes malles impossibles à passer aux rayons X 

Une heure plus tard, ils ne sont que deux à en ressortir. Ils font rouler deux grosses malles… qu'ils chargent dans un van noir. Au terminal de l'aéroport, les deux hommes présentent leurs papiers. Quant aux énormes malles, impossible de les "screener", de les passer aux rayons X : elles ne passent pas dans les machines. D'ailleurs, précise Yann Rousseau, ce n'est pas obligatoire pour les bagages des VIP...

Selon le Wall Street Journal, c'est dans l'une de ces malles, censées contenir du matériel audiovisuel, que Carlos Ghosn se serait caché. Des petits trous y auraient été percés pour qu'il puisse respirer.

L'ex-PDG serait sorti de sa boîte dans un premier jet à destination d'Istanbul

Ce même dimanche soir, les deux voyageurs, après avoir tranquillement passé les contrôles, embarquent sur un jet de la compagnie turque MNG... avec leurs malles. L'avion décolle à 23h10 pour Istanbul. Selon un média turc, Carlos Ghosn serait sorti de sa boîte au début du vol. A pied, il embarque dans un second jet en direction de Beyrouth, puis franchit la douane avec sa carte d'identité libanaise, en toute légalité, au matin du 30 décembre. L’ex-roi des voitures vient de se faire la malle… prenant de court le monde entier.

Extrait de "Carlos Ghosn : attrape-moi si tu peux !", un document de "Complément d'enquête" à voir le 16 janvier 2020.

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