INFO FRANCEINFO. Affaire Carlos Ghosn : Nissan réclame l'ouverture d'une enquête indépendante sur la holding commune avec Renault aux Pays-Bas

Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan-Mitsubishi, le 8 novembre 2018.
Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan-Mitsubishi, le 8 novembre 2018. (LUDOVIC MARIN / AFP)

C'est la première fois que Nissan s'exprime en France depuis l'arrestation de son PDG. 

Plus de trois semaines après l'arrestation de Carlos Ghosn au Japon, Nissan s'exprime pour la première fois en France, et ce à la veille d’un conseil d’administration de Renault. Le patron de l'alliance Renault-Nissan, désormais inculpé pour avoir sous-déclaré ses revenus pendant cinq ans, est toujours sous les verrous. Nissan s'est exprimé sur franceinfo mercredi 12 décembre et réclame l'ouverture d'une enquête indépendante sur la holding commune avec Renault aux Pays-Bas.

Thierry Bolloré réfractaire

C'est par le biais de ses avocats que Renault a enfin pris connaissance lundi 10 décembre à Paris des résultats de l'enquête interne menée par Nissan, enquête qui a mené à l'arrestation de Carlos Ghosn au Japon il y a plus de trois semaines. Mercredi 12 décembre, selon une source proche du dossier, Nissan a envoyé un courrier électronique à plusieurs membres du conseil d'administration de Renault, dans lequel il proposait de partager les conclusions de son enquête. Un message envoyé notamment à Thierry Bolloré, le numéro un par intérim de Renault, qui a répondu dans l'heure à Nissan d'arrêter de contacter le conseil d'administration de Renault. Selon nos informations, le représentant de l'État n'a pas non plus donné suite.

Optimisation fiscale

Certains craignent une entreprise de déstabilisation de la part de leur partenaire japonais. Une source proche précise à franceinfo que les enquêteurs de Nissan sont, eux, toujours en stand-by à Paris, au cas où un membre du conseil d'administration de Renault voudrait les rencontrer. Sur la base des conclusions de sa propre enquête, le constructeur japonais a déclaré mercredi 12 décembre à franceinfo demander solennellement l'ouverture d'une enquête indépendante, cette fois sur la holding commune aux deux constructeurs. Une structure qui s'appelle Renault-Nissan BV (RNBV), basée aux Pays Bas, et qui selon une source proche du dossier, abriterait les velléités d'optimisation fiscale de celui qui reste le patron de Renault, Carlos Ghosn.

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