Livreurs à vélo : à bout de course

Les repas livrés à domicile en moins de vingt minutes ? Une pratique qui s'est généralisée ces dernières années. Les courses se multiplient, mais les revenus des coursiers baissent, ce qui provoque leur colère. Reportage avec certains d'entre eux.

Les coursiers sont en colère. Une fois commandée, la course doit être livrée en moins de vingt minutes. Une mission délicate pour les livreurs avec des consignes à respecter. "Il faut livrer rapidement sinon on a de mauvaises notes. Le trajet, on le voit, il est imposé. Si je ne respecte pas les consignes d'Uber Eats, je serais sanctionné", témoigne un livreur sous couvert d'anonymat. Lui pédale pour financer ses études, mais la situation se dégrade. "J'ai livré ma course, je viens de faire quatre kilomètres et j'ai gagné 6,44 €." Pour lui, parfois, l'attente est longue. Deux heures parfois et des concurrents de plus en plus nombreux.

Avoir un statut de salarié

Les revenus aussi sont en chute libre : 5 à 7 euros en une heure de livraison contre 15 euros un an auparavant. "On a toujours le même nombre de commandes, mais le nombre de livreurs a explosé. La part du gâteau est plus petite", raconte-t-il. Pour lui, la plateforme profite du système. Il a engagé un avocat afin de bénéficier d'un contrat de travail et le statut de salarié, avec des congés payés, assurance maladie et droit au chômage. Un état de dépendance vis-à-vis de la plateforme, qui défend son modèle. D'autres composent avec les "lois du métier" et travaillent essentiellement les soirs et week-ends pour gagner de l'argent. Chez Deliveroo, la colère gronde. De nombreuses courses coûtent moins de trois euros désorm

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