A qui profitent les ponts du mois de mai ?

(Les jours fériés et les ponts de mai sont régulièrement remis en cause © MaxPPP)

En cumulant les jours fériés, les ponts de mai peuvent aboutir à un petit mois de 17 jours travaillés. Le calendrier est-il pour autant néfaste à la production française ? Les avis sont partagés.

Les pertes économiques liées aux jours fériés sont régulièrement mises en avant par le Medef. Sont-ils désastreux pour la France ? Le débat est relancé alors que se profile un mois de mai, propice aux fins calculs de son emploi du temps professionnel, afin de bénéficier de "petites vacances", grâce aux jours fériés.

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Un calcul contesté

Le Medef a récemment préconisé la suppression de deux jours fériés. Le levier, selon l’organisation patronale, jouerait à la fois sur la production et sur l’emploi. L’effet positif est cependant relativisé par Alexandre Delaigue, économiste. Il met en avant les nombreux secteurs bénéficiant des activités liées au repos de certains salariés.

"Le Medef estime à partir d’un calcul consistant à dire qu’il y a 200 jours travaillés dans l’année, donc si on enlevait deux jours de congés on produirait 2% de plus, mais cela ne tient pas la route. Il y a énormément d’activités qui fonctionnent les jours fériés."

La suppression de jours fériés ne serait pas forcément rentable : Alexandre Delaigue, économiste
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Qui bénéficient des congés à rallonge du mois de mai ? Les fleuristes, puisque de nombreuses cérémonies familiales sont programmées pendant les ponts. Les activités de jardinerie connaissent aussi un rebond. Florence, du magasin Botanic de Sargé-les-Le-Mans confirme le bon chiffre d’affaires à venir.

"Le mois de mai est le plus important en jardinerie puisque l’on réalise pendant cette période 15% du chiffre annuel."

Les gagnants et les perdants du mois de mai : reportage de Julie Davico-Pahin (France Bleu Maine)
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Moins de ponts, plus d'emplois ?

La suppression de un ou deux jours fériés permettrait-elle la création d’emplois ? C’est à la marge répond, en résumé, l’économiste Alexandre Delaigue. L'atout dit-il en substance serait mince, mais fâcherait plus d’un salarié.

"Est-ce qu’on se sentirait plus prospère et plus heureux avec un jour de congé en moins et avec le PIB qui augmenterait de manière imperceptible ? Je ne pense pas (…) L’un dans l’autre le bénéfice est assez faible et ce sont les salariés qui en pâtissent."

Reste donc à trouver l'équilibre pour le bien-être de certains salariés, puisque tous, loin s'en faut, n'ont pas tous droit aux jours fériés. 

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