29 degrés à Strasbourg, mois d'avril le plus chaud depuis 50 ans...Ces données jouent sur l'économie

(AFP Flore Giraud)

Avril 2011 est le 2e mois le plus chaud depuis 1900. Cette période chaude positionnée en début de saison, en pleines vacances scolaires, a permis une excellente entame pour les produits d"été.Pour mesurer les conséquences de la météo -et anticiper grâce à ses prévisions- Météo France a créé une société "Metnext" chargé de mesurer ces interactions.

Avril 2011 est le 2e mois le plus chaud depuis 1900. Cette période chaude positionnée en début de saison, en pleines vacances scolaires, a permis une excellente entame pour les produits d"été.

Pour mesurer les conséquences de la météo -et anticiper grâce à ses prévisions- Météo France a créé une société "Metnext" chargé de mesurer ces interactions.

Pour preuve, Frédéric Bardoux, le directeur général de la société " Metnext" -une filiale de Météo France-qui analyse les rapports entre météo et économie, nous explique qu'en raison des fortes chaleurs de ce printemps "les ventes de chocolat à Pâques ont été médiocres". Résultat, les chocolatiers ont eu des stocks sur les bras.

Les relations entre nos actes de consommation et la météo ne sont pas liées qu'à la température. Ainsi, les intempéries peuvent aussi avoir d'importantes conséquences. "En décembre déjà, raconte Frédéric Bardoux, on avait chiffré les manques à gagner de la grande distribution à cause de la neige. Notre objectif est d'aider les entreprises à prendre conscience de l'impact que la météo peut avoir sur leur activité".

Alors que la canicule menace, la société avance déjà des chiffres sur les conséquences de cette chaleur. Aujourd'hui avec la vague de chaleur, Metnext, avec l'institut Nielsen, a constaté que "cette configuration météorologique exceptionnelle a permis de lancer, bien plus tôt que prévu, la consommation des produits d'été.

Des exemples ? On a enregistré entre le 7 mars 2011 et le 1er mai 2011, par rapport à la même période un surplus de consommation de 5% à 15% pour les boissons, dont 7% sur les eaux plates et 6% sur les eaux gazeuses.

Plus amusant, on a enregistré +9% pour les crèmes dépilatoires en France avec des surplus de presque 20% la semaine la plus ensoleillée du 24 avril 2011 (avec des pointes notables dans le nord de la France).

A contrario, les féculents enregistrent de leur côté un manque à gagner de 5%. Même chose pour les légumes surgelés et les biscuits patissiers.

Plus de 30 % du PIB France est sensible aux effets de la météo, estime Metnext. L'analyse de la météo-sensibilité d'une catégorie permet tout d'abord d'identifier les variables météo les plus influentes sur les ventes (température, ensoleillement), de déterminer les seuils critiques, et également d'évaluer les disparités entre régions. "Au printemps 2009, les ventes ont globalement été favorisées. Au contraire, le printemps 2008 avait été plus contrasté avant un mois de juin plus défavorable", note Metnext.

Ce type d'analyse peut aussi jouer sur des secteurs plus lourds. Ainsi, la météo a logiquement des conséquences dans le secteur de l'énergie. "Il y a d'abord eu une baisse de la consommation plus rapide qu'habituellement en raison de températures clémentes plus tôt que la normale, mais on assiste maintenant à une hausse de la demande avec le début de l'utilisation de la climatisation avec des températures dépassant les 25-26", explique Frédéric Bardoux.

Chaleur sur la France entre mars et mai

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