VIDEO. Il y a dix ans, "Rayon de soleil" était le tube de l'été : plongée dans les coulisses de la chanson

FRANCEINFO

Comment naît un tube de l'été ? Franceinfo a retrouvé les artisans du succès de "Rayon de soleil" de William Baldé. 

La Macarena, La Lambada, Yakalélo... autant de tubes de l'été qui résonnent encore dans les têtes, des années après leur sortie. Rayon de soleil n'a peut-être pas la même aura dès qu'on parle de ces tubes qui ont animé les vacances, mais ce titre de William Baldé a tout de même occupé la place de numéro 1 du Top Singles, pendant sept semaines de rang, entre juin et août 2008. Les protagonistes retracent l'histoire de ce titre né de l'énergie d'un groupe de potes.

Tout démarre à Paris. La chronologie est floue dans l'esprit des protagonistes, dix ans après la sortie du titre. Quelques années avant 2008, "peut-être en 2004", estime Catherine Duval, cette professeure de français et auteure de la chanson, gratte des lignes à son domicile. Ce texte évoquant l'amour, "des petits moments, des musiques qu'on écoute en amoureux" est d'abord destiné à être lu en public.

La première fois que je l'ai dit, c'était pas forcément très glamour, c'était chez Emmaüs.

Catherine Duval, auteure de "Rayon de soleil"

à franceinfo

Voix soul et refrain coquin

Elle est alors loin d'imaginer la trajectoire de son "rayon de soleil" et de ses paroles crues pour ce qui va devenir le refrain de la chanson : "Ta main sur ton petit cul, cherche le chemin". "Les gens sont surpris de savoir que c'est une femme qui a écrit ça", rigole-t-elle aujourd'hui. 

Quelques mois plus tard, son ami, William Baldé lui demande des textes pour de futures chansons. L'artiste en hérite et avec Gil Gimenez, il compose une première version. "Ce jour-là, il était au téléphone et moi j’ai trouvé un gimmick, un petit peu comme une boîte à musique, un truc qui tournait… C’était une espèce de comptine pour enfants", se rappelle le compositeur. Avec sa guitare, il joue quelques notes, la voix de William Baldé fait le reste. "Ses premiers mots, ça été 'rayon de soleil'", assure-t-il.

Le duo est bientôt rejoint par un autre binôme : Ilan Abou et Philippe Desbois. Le premier est l'auteur des notes de contrebasse, ce hook (hameçon en français) qui accroche l'oreille de l'auditeur dès l'intro. Le second est l'homme qui va donner à Rayon de soleil sa tonalité estivale, entre reggae et ska. "Je savais exactement où je voulais aller", confie Philippe Desbois qui a réalisé l'album En corps étranger de William Baldé. "On voulait un côté très 'roots", avec peu d’instruments et puis beaucoup d’énergie. William est un chanteur de soul aussi qui a une grosse énergie. C’était ce que je voulais transcrire", décrit-il à franceinfo.

"Je ne me dis pas que ça va cartonner"

Le groupe enregistre dans un studio à Carpentras (Vaucluse). Il faut un peu de travail pour aboutir à la version finale, qui finit par convaincre la maison de disques Warner. Lorsque le titre sort enfin, Gil Gimenez est persuadé de "tenir quelque chose". Il évoque la taille de sa future piscine avec Ilan Abou. "A chaque fois qu’on réécoutait le texte, la piscine prenait un mètre ou deux", s'amuse-t-il aujourd'hui. Philippe Desbois est plus réservé : "Je ne me dis pas que ça va cartonner. Je me dis qu'on a super bien bossé. Le titre 'sonne' comme on l'a imaginé".

A la sortie, le succès est au rendez-vous, bien au-delà des espérances. La chanson tourne en boucle sur les radios jusqu'à être reprise par des enfants participant à un atelier animé par Catherine Duval. "La personne avec qui je faisais les ateliers avait dit que j'étais l'auteure du texte, narre-t-elle. Lorsque je suis arrivée, tous les enfants m’avaient entourée et avaient commencé à chanter". Gil Gimenez, lui, se rappelle d'une scène cocasse : "J’ai vu un mec bourré sortir de boîte à 4h du matin et chanter Rayon de soleil dans la rue. Je me suis dit 'oh putain, on y est, on l’a quoi !'"

Vous êtes à nouveau en ligne