Une députée s'attaque au surplus de sucre dans l'alimentation des Français d'outre-mer

Dans les collectivités et départements d\'outre-mer, sodas et yaourts contiennent jusqu\'à 50% de sucre de plus qu\'en métropole.
Dans les collectivités et départements d'outre-mer, sodas et yaourts contiennent jusqu'à 50% de sucre de plus qu'en métropole. (GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Dans les collectivités et départements ultramarins, sodas et yaourts contiennent jusqu'à 50% de sucre de plus qu'en métropole.

Jusqu'à 50% de sucre en plus dans les boissons et les produits laitiers et des dates de péremption allongées de 25 jours : les territoires d'outre-mer sont traités différemment de la métropole par des firmes agroalimentaires. Mercredi 27 mars, un projet de loi a été déposé à l'Assemblée nationale pour résorber ce problème de santé publique. 

La proposition de loi socialiste "visant à garantir la qualité de l'offre alimentaire en outre-mer" était à l'origine axée sur le problème de la distribution dans ces départements et collectivités de produits plus sucrés que dans l'Hexagone, qui peuvent favoriser l'obésité. Mais le texte a été élargi lors du passage en commission des Affaires sociales, mercredi dernier. Pour illustrer l'ampleur du problème sanitaire outre-mer, l'exposé des motifs de la loi rappelle que "25% des enfants et adolescents et plus d'un adulte sur deux sont touchés par des problèmes de surcharge pondérale".  

L'article emblématique de cette proposition interdit la différence de teneur en sucres ajoutés entre des produits vendus outre-mer et ceux vendus en métropole. Il entrera en vigueur six mois après la promulgation de la loi, permettant ainsi aux distributeurs d'écouler les stocks existants. "Le fameux goût sucré des ultramarins, c'est un argument des professionnels. On nous a très certainement conditionnés à aimer sucré, et dès le plus jeune âge", a souligné Hélène Vainqueur-Christophe, députée de Guadeloupe et rapporteure du texte.

Un problème d'équité et de santé publique

Un autre article prévoit également d'aligner les dates de péremption des produits, que la marchandise soit destinée à la métropole ou aux départements et collectivités d'outre-mer. Aujourd'hui, le délai jusqu'à cette date limite est actuellement de 55 jours outre-mer, contre seulement 30 jours en métropole.

Composé de quatre articles, le projet de loi devrait être adopté en séance publique "sans problème", dixit la députée socialiste. "Cela devrait faire consensus : c'est un vrai problème de santé publique avec l'obésité et toutes les pathologies associées, et un vrai souci d'inégalité entre consommateurs", a-t-elle souligné. Ce texte avait été défendu en octobre 2011 par l'actuel ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, alors député de Guadeloupe, et avait été repoussé de justesse à l'Assemblée par 199 voix contre 190.

La réinscription du texte au Parlement était une des promesses de campagne de François Hollande. 

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