CARTE. Pyrénées : dans quelles zones l'ours est-il le plus présent ?

Une ourse et ses oursons, dans les Pyrénées espagnoles, le 20 mai 2016.
Une ourse et ses oursons, dans les Pyrénées espagnoles, le 20 mai 2016. (HO / AFP PHOTO / ARAN PARK)

Depuis le 1er janvier 2017, 871 indices de présence d'ours ont été confirmés dans les Pyrénées, en France et en Espagne. Il y en a 85 pour la seule commune de Melles, en Haute-Garonne.

Ours, où es-tu ? Quatorze ans après la mort de Canelle, la dernière ourse pyrénéenne, et alors qu'une manifestation pour protester contre sa réintroduction voulue par Nicolas Hulot est prévue lundi 30 avril à Pau (Pyrénées-Atlantique), il y aurait à l'heure actuelle une quarantaine d'ours brun dans le massif des Pyrénées. Pour suivre la population ursine dans ces zones montagneuses, à cheval entre l'Espagne et la France, les scientifiques disposent de différents outils et méthodes. Suivi GPS, vidéos et photos enregistrées automatiquement, observations visuelles directes et traces en tout genre sont autant d'indices qui permettent de confirmer la présence d'un ours.

Tous ces indices sont recensés par la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) de la région Occitanie. Pour visualiser le territoire des ours, nous avons représenté ces données dans une carte où nous avons comptabilisé le nombre total d'indices par commune dans les zones observées, en France comme en Espagne, entre le 1er janvier 2017 et le 24 avril 2018. Naviguez dans notre carte ou utilisez notre moteur de recherche situé en dessous pour connaître le détail des indices dans ce secteur.

Nombre d'indices de présence d'ours
  • Plus de 70
  • Entre 40 et 70
  • Entre 30 et 40
  • Entre 20 et 30
  • Entre 10 et 20
  • Moins de 10

Source : Dreal Occitanie

Cadavres de brebis, arbres griffés et crottes

Le suivi le plus efficace repose sur la localisation GPS de certains individus. L'ours Goiat, originaire de Slovénie et introduit en Catalogne en 2016, fait par exemple l'objet d'un suivi précis qui repose sur un collier émetteur indiquant sa position. Mais tous les individus ne sont pas équipés ainsi et d'autres systèmes ont été mis en place pour les étudier.  

Les scientifiques ont ainsi disposé un certain nombre de caméras sur le territoire des ours, qui se déclenchent automatiquement à leur passage. Ce système présente néanmois un inconvénient souligne Jean-Jacques Camarra, responsable du réseau Ours brun (ROB) auprès de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) : "Parfois, on ne peut pas identifier l'animal parce qu'il se présente un peu de travers. Nous n'avons pas les éléments nécessaires, notamment la hauteur au garrot.

Une autre méthode consiste à analyser les traces laissées par les ours sur le terrain. Poils, crottes, arbres griffés ou cadavres de brebis sont autant d'indices qui permettent de confirmer, ou non, la présence d'un ours. Ces traces sont parfois signalées par des promeneurs, amateurs ou non de plantigrades, via un système de répondeur téléphonique où ils laissent leurs observations. Elles sont alors analysées par les experts pour en déterminer la validité.