Les femmes sont nettement plus vulnérables au sida que les hommes

Svetlana Izambayeva, une mère séropositive, dirige une ONG de lutte contre le sida à Kazan (Russie).
Svetlana Izambayeva, une mère séropositive, dirige une ONG de lutte contre le sida à Kazan (Russie). (MAKSIM BOGODVID / RIA NOVOSTI)

Dans le monde, 63% des 15-24 ans vivant avec le virus sont des femmes.

Dans le domaine de la santé aussi, les inégalités entre les sexes existent. Car les femmes sont largement plus touchées que les hommes par le VIH, ont déploré des experts lors de la 19e conférence internationale sur le sida, mercredi 25 juillet. A l'échelle du globe, les taux d'infection chez les jeunes femmes de 15 à 24 ans sont deux fois plus élevés que chez les hommes du même âge, selon les dernières statistiques de l'Onusida publiées la semaine dernière. Soixante-trois pour cent de tous les jeunes adultes de cette catégorie d'âge vivant avec le virus sont des femmes (contre 37% pour les hommes).

L'ONU estime par ailleurs que 1,2 million de femmes et de jeunes filles ont été contaminées en 2011, la plus grande partie dans les pays en développement et à revenu intermédiaire. L'infection par le VIH est aussi la principale cause de mortalité chez les femmes en âge de procréer. "Nous ne pouvons même pas commencer à parler de mettre fin au sida alors qu'une aussi grande partie de l'impact de l'épidémie de VIH-sida continue à affecter aussi lourdement les femmes", a commenté le docteur Diane Havlir, coprésidente de la conférence.

Cibler les adolescentes

"Les grandes avancées auxquelles nous avons assisté pour réduire la transmission de la mère à l'enfant chez les femmes enceintes avec des antirétroviraux doivent être reproduites ailleurs pour soulager le fardeau de cette épidémie", a-t-elle insisté. Pour cela, de "nouvelles approches de prévention avec des antirétroviraux et des microbicides vont être essentielles".

Généralement, les femmes ont un plus grand risque de transmission du VIH que les hommes lors de rapports hétérosexuels sans préservatif, soulignent les experts. Dans de nombreux pays, elles ne sont pas en mesure d'exiger que leur partenaire utilise un préservatif et elles sont aussi plus souvent victimes de rapports sexuels forcés. 

"Ces chiffres reflètent des normes sociales largement répandues qui perpétuent l'inégalité entre les deux sexes et des coutumes nuisibles telles que le mariage forcé de très jeunes filles, la prostitution et la violence sexuelle accroissant la vulnérabilité des adolescentes", a complété Geeta Rao Gupta, directrice adjointe de l'Unicef. Le défi, à présent, "est de canaliser les ressources vers des systèmes solides capables de toucher ces adolescentes qui en ont le plus besoin".

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