Fumer du cannabis ado fait baisser le QI adulte

Fumer régulièrement du cannabis dès l\'adolescence affecte les capacités intellectuelles à l\'âge adulte, selon une étude menée sur 1000 Néo-Zélandais pendant vingt-cinq ans.
Fumer régulièrement du cannabis dès l'adolescence affecte les capacités intellectuelles à l'âge adulte, selon une étude menée sur 1000 Néo-Zélandais pendant vingt-cinq ans. (EDUARDO RIPOLL / AGE FOTOSTOCK RM / GETTY IMAGES)

Selon une étude américaine, cette drogue peut provoquer une baisse des capacités intellectuelles.

SANTE -  Attention, fumer régulièrement du cannabis à l'adolescence risque d'influer sur les capacités intellectuelles à l'âge adulte. C'est ce que montre une étude publiée lundi 27 août par la revue scientifique Actes de l'Académie américaine des sciences.

La recherche s'est penchée sur un échantillon de 1 000 Néo-Zélandais sur une période de vingt-cinq ans. Elle a permis de comparer leur quotient intellectuel (QI) à 13 ans puis à 38 ans, les uns étant des consommateurs réguliers de cannabis, y compris après 20 ans ou 30 ans, les autres pas.

A la fin de la période, un écart de huit points de QI en moyenne s'est creusé entre les non-fumeurs et les fumeurs qui avaient commencé très jeunes et avaient continué à l'âge adulte, affirme Madeline Meier, psychologue à l'université Duke, en Caroline du Nord (Etats-Unis), et auteure principale de cette étude. Or "le QI est censé être stable" à mesure que l'on vieillit, dit-elle. Le QI des personnes n'ayant jamais fumé de cannabis a même légèrement progressé de quelques dixièmes de points.

Une dégradation handicapante

"On sait que le QI est un élément fort déterminant pour l'accès à l'université, pour le revenu gagné tout au long de la vie, pour l'accès à l'emploi et la performance au travail, poursuit la chercheuse. Quelqu'un qui perd huit points de QI durant son adolescence et à la vingtaine peut se retrouver désavantagé par rapport à ses pairs du même âge pour de nombreux aspects majeurs de la vie", et ce pendant de longues années. Elle souligne que cette importante différence ne serait pas due à d'autres facteurs (éducation, alcool, autres drogues, etc.).

Les consommateurs de marijuana ont aussi montré de plus faibles capacités de mémoire, de concentration et de vivacité d'esprit, selon l'étude. Ceux qui avaient ralenti leur consommation l'année précédant leurs 38 ans, moment du second test, n'ont pas pour autant obtenu de meilleurs résultats. En revanche, les personnes ayant commencé à fumer du cannabis à l'âge adulte ne souffraient pas d'un tel écart intellectuel avec les non-fumeurs.

La chercheuse rappelle que "l'adolescence est une période très sensible du développement du cerveau". En utilisant des substances agissant directement sur le mental, les jeunes "peuvent perturber le processus cérébral normal". L'étude n'évalue pas, en revanche, les effets d'un arrêt ou d'un ralentissement de consommation plus tôt dans la vie, et ne précise pas non plus les quantités consommées.

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