Deux nouvelles recherches réfutent l'existence d'une bactérie vivant d'arsenic

La bactérie GFAJ-1 scannée par la Nasa.
La bactérie GFAJ-1 scannée par la Nasa. (NASA / REUTERS)

Publiées dimanche dans la revue américaine "Science", elles contredisent une découverte faite en 2010 selon laquelle une bactérie terrestre peut remplacer le phosphore par l'arsenic pour vivre.

Elle s'appelle GFAJ-1. Cette bactérie découverte en 2010 par une équipe de la Nasa avait beaucoup fait parler d'elle. Sa particularité ? Selon les scientifiques, elle était capable de vivre d'arsenic, une substance toxique pour les organismes vivants. Plus précisément, ils affirmaient qu'elle était capable de le remplacer dans son ADN quand le phosphore n'était pas disponible, le phosphore étant l'une des six molécules nécessaires à la vie avec l'oxygène, l'hydrogène, l'azote, le carbone et le soufre. Mais deux nouvelles études publiées dimanche 8 juillet dans la revue américaine Science réfutent sans appel cette thèse.

Deux études menées séparément

Cette bactérie trouvée dans les sédiments riches en arsenic du lac salé Mono, en Californie (Etats-Unis), s'était retrouvée au cœur d'une vive controverse dans la communauté scientifique dès l'annonce de sa découverte. Après un feu nourri de critiques dans la blogosphère scientifique, la prestigieuse revue poursuit sur la question avec ces deux recherches menées séparément et qui viennent réfuter cette hypothèse.

"En conclusion, les nouvelles recherches montrent que GFAJ-1 ne modifie pas les principes fondamentaux de la vie contrairement à l'interprétation des données faite par l'équipe de Felisa Wolfe-Simon", écrit la revue Science dans un éditorial accompagnant la publication des nouveaux travaux. Ainsi, le phosphore reste essentiel à l'existence des organismes vivants sur la Terre et ce malgré le fait que la bactérie GFAJ-1 puisse vivre dans un environnement contenant de plus faibles concentrations de phosphate, concluent les deux équipes de recherche qui ont mené leurs investigations de façon séparée, des chercheurs de l'Institut de Microbiologie de Zurich (Suisse) d'un côté, de l'Université de Princeton (New Jersey, Etats-Unis) de l'autre.

"Le processus scientifique est auto-correcteur"

"Si l'étude initiale s'était révélée exacte, une telle découverte aurait eu des implications importantes pour notre compréhension des conditions essentielles à l'existence de la vie telle que nous la connaissons", poursuit Science. L'arsenic est nocif pour les organismes vivants mais ses propriétés chimiques sont similaires à celles du phosphore, note la revue scientifique.

La revue Science fait valoir que "le processus scientifique est par essence auto-correcteur alors que les chercheurs essayent de reproduire des résultats de recherches qui sont publiés".