Rentrée 2019 : quelles sont les principales mesures annoncées par Jean-Michel Blanquer pour lutter contre les violences scolaires ?

Des lycéens dans une salle de classe lors de l\'épreuve de philosophie du baccalauréat, le 18 juin 2018, à Caen (Calvados). 
Des lycéens dans une salle de classe lors de l'épreuve de philosophie du baccalauréat, le 18 juin 2018, à Caen (Calvados).  (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Protocole de responsabilisation des parents, référent violence dans chaque département... Le ministre de l'Education nationale a présenté mardi les mesures du très attendu plan contre les violences à l'école, qui avait été plusieurs fois reporté. 

Le ministre de l'Education nationale a fait sa rentrée. Mardi 27 août, Jean-Michel Blanquer a présenté plusieurs mesures pour la rentrée des classes, lors de sa traditionnelle conférence de presse. Parmi elles, le plan sur les violences à l'école.

Repoussé à maintes reprises, ce plan était très attendu depuis l'émoi suscité par la diffusion d'une vidéo montrant un élève en train de menacer sa professeure avec une arme factice dans un lycée de Créteil (Val-de-Marne), en novembre 2018. 

En voici les principales mesures :

Un référent violence dans chaque département

"Les directeurs d'école et les chefs d'établissement ont désormais pour interlocuteur un référent violence en milieu scolaire, dans chaque département", a annoncé Jean-Michel Blanquer, lors de sa conférence de presse.

Le renforcement du dispositif de remontées d'incidents figure en effet comme l'un des grands axes de ce plan. "La chaîne d'alertes doit être connue et maîtrisée par tous les enseignants", expliquait en janvier au Monde une source proche du groupe de travail, évoquant à l'époque une messagerie instantanée activée en cas d'accidents. Finalement, il s'agira d'une personne de référence. Un système qui rappelle celui des référents harcèlement scolaire, mis en place depuis 2012 dans les académies. 

Des procédures disciplinaires simplifiées

Si un acte violent est commis par un élève dans un établissement, les procédures disciplinaires seront simplifiées et renforcées, a annoncé le ministre. Il a notamment évoqué "le raccourcissement du délai de conseil de discipline".

Les professeurs mieux accompagnés

Dès la rentrée, dans chaque département de France, "il y aura une convention Education nationale-Justice-Intérieur-Agriculture et Alimentation sur l'accompagnement des professeurs dès qu'il y a des faits de violence", a annoncé Jean-Michel Blanquer. Une circulaire conçue par et avec le ministère de la Justice doit être diffusée ces jours-ci, a-t-il précisé.

Les familles responsabilisées 

Ce plan de lutte contre les violences scolaires sort aussi de l'école via son volet concernant l'"aide à la parentalité". Il y est question de "responsabiliser les familles". "Un protocole d'accompagnement et de responsabilisation des parents (PAR) sera établi entre les parents ou les représentants légaux de l'élève et l'inspection d'académie lorsqu'un élève a fait l'objet de deux exclusions définitives au cours de la même année scolaire", a détaillé le ministre. 

Les élèves "poly-exclus" envoyés en classes relais sur décision de l'inspecteur

Les classes relais, destinées aux élèves renvoyés plusieurs fois d'un établissement, ou dit "poly-exclus", existent depuis 1998. Mais Jean-Michel Blanquer donne le pouvoir aux inspecteurs d'académie d'y envoyer des élèves sans l'autorisation des parents. Ces élèves "hautement perturbateurs" (environ 1 500 jeunes en France, selon le ministre), pourront désormais y être inscrits par l'inspecteur d'académie pour une durée de six mois. "Cela contribuera à ce que ces élèves soient dans des structures spécialisées" afin d'éviter qu'un établissement "sombre dans la violence", a-t-il estimé.

"Ce que l'on veut, c'est que les dispositifs relais puissent, parce qu'ils ont prouvé leur efficacité, être au bénéfice des élèves, si possible avec adhésion [des parents]", a réagi le ministre, interrogé sur France Inter par une professeure en classe relais. "Quand l'adhésion n'est pas possible, ce qui doit être un cas extrême, on ira en force, mais cela ne sera pas le cas le plus général", a-t-il répondu, ajoutant qu'il y aura "un protocole entre la famille et l'inspecteur d'académie."

"On avait déjà les capacités d'exclure un élève, maintenant c'est la suite de l'exclusion qu'on est en train d'envisager pour la gérer", a réagi pour sa part sur franceinfo le président de la SNPDEN, le Syndicat national des personnels de direction de l'Education nationale, Philippe Vincent, louant l'objectif de "sortir de cette technique de la patate chaude""L'arsenal éducatif est déjà relativement mobilisé. Il y a déjà des équipes de sécurité, il y a déjà un certain nombre de classes relais installées, des internats tremplins il y en a aussi qui fonctionnent. Il faudra sans doute une montée en charge, si les besoins s'en font sentir", a ajouté le syndicaliste. 

Le développement d'internats tremplins

Il pourra aussi être proposé aux familles que l'élève "poly-exclu" soit "envoyé dans un internat tremplin, nous allons en développer autant que nécessaire", a encore promis Jean-Michel Blanquer.

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