Non, la présidente argentine n'a pas parrainé un jeune homme pour l'empêcher de se transformer en loup-garou

La présidente de l\'Argentine (au centre) avec son filleul Yair Tawil, le 23 décembre 2014, sur une photo mise en ligne sur son compte Twitter.
La présidente de l'Argentine (au centre) avec son filleul Yair Tawil, le 23 décembre 2014, sur une photo mise en ligne sur son compte Twitter. (CRISTINA KIRCHNER / TWITTER)

Cristina Kirchner a bien suivi une vieille tradition qui veut que le septième fils d'une famille soit adopté par le chef de l'Etat. Mais l'information s'est mélangée avec une légende plus fantaisiste.

L'information prêtait tellement à sourire, qu'elle s'est répandue comme une traînée de poudre. Contrairement à ce qu'ont indiqué de nombreux médias, dont francetv info, lundi 29 décembre, la présidente argentine Cristina Kirchner n'a pas adopté un jeune homme de 21 ans pour lui éviter de se transformer en loup-garou à chaque pleine lune. Comme l'explique The Guardian (en anglais), la diffusion de cette fausse information est liée à une confusion entre deux traditions bien distinctes.

Cristina Kirchner a bien adopté un jeune homme, le 23 décembre, pour perpétuer une vieille tradition, instaurée en 1907, puis officialisée par un décret en 1973. Cette tradition veut que le septième enfant d'une famille argentine, qu'il s'agisse d'un garçon ou d'une fille, soit adopté comme filleul par le président de la République. D'après le Guardian, il s'agit de la reproduction d'une tradition russe que des émigrés voulaient faire perdurer en Argentine. Grâce à ce parrainage, ces septièmes enfants ont aussi l'assurance de voir leurs études financées.

Une vraie première dans l'histoire du pays

En acceptant de parrainer le septième fils de Shlomo et Nehama Tawil, Cristina Kirchner a réalisé un geste inédit : c'est la première fois qu'un filleul de confession juive bénéficie de ce parrainage. Auparavant, seuls les enfants de famille catholique pouvaient bénéficier de cette tradition. Mais depuis 2009, un décret permet à tous d'être parrainés, sans religion particulière.

Une tradition mélangée avec une légende

Les médias se sont ensuite fourvoyés sur le sens de cette adoption, en mélangeant cette tradition avec celle de la malédiction du "lobison". D'après une légende locale, le septième fils d'un septième fils d'une même famille se transformerait en une créature proche du loup-garou, et révélerait sa nature démoniaque après son treizième anniversaire. "Ensuite, il se changerait en loup-garou à minuit à chaque pleine lune", précise The Independant (en anglais).

Cette croyance peut sembler fantasque, pourtant, elle a eu, parfois, des conséquences dramatiques au XIXe siècle. Elle aurait été ainsi à l'origine de l'abandon, et même de l'exécution, de nouveau-nés dans le pays. Ces atrocités ont cessé, mais la légende a ressurgi pour venir faussement expliquer l'adoption d'un premier septième fils juif par la présidente Cristina Kirchner.

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