Une semaine après son lancement, succès et déboires pour Free mobile

Affluence devant un boutique Free à Angers (Maine-et-Loire), le 11 janvier 2012. 
Affluence devant un boutique Free à Angers (Maine-et-Loire), le 11 janvier 2012.  (J. CLAIR / LE COURRIER DE L'OUEST / MAXPPP )

L'opérateur téléphonique se dirige vers le million d'abonnés. Mais des couacs techniques et la riposte de ses concurrents ternissent le succès de ses offres mobile.

Décollage réussi pour la fusée Free mobile. Le vol, en revanche, connaît déjà quelques ratés. En cause, le succès rencontré par les deux offres de forfaits de l'opérateur de téléphonie mobile, à 19,99 euros et 2 euros par mois. Couacs techniques et ripostes de ses concurrents se multiplient. FTVi fait le point. 

• Un démarrage en trombe, vers le million d'abonnés

Selon plusieurs sources - Free refuse de communiquer ses chiffres -, l'opérateur a dépassé les 500 000 abonnés et se dirige vers le million d'abonnés d'ici à la fin du mois. Le seuil des 3 millions d'abonnés, à partir duquel les deux forfaits ne seront plus disponibles, devrait donc être atteint plus vite que prévu.

Bougues Télécom serait le premier opérateur à faire les frais de cet engouement. Selon Le Parisien, il aurait déjà perdu 300 000 abonnés au profit de Free. Bouygues avance un autre chiffre : 25 000 clients auraient demandé une portablité (maintien du numéro avec changement d'opérateur) vers le nouvel opérateur mobile. Mais le groupe précise que sa gamme "low cost", B&You, comptabilise chaque jour des "dizaines de milliers" de demandes d'adhésion.

• Un problème "massif" dans l'envoi des cartes SIM

"Free Mobile a sous-estimé son infrastructure technique et, comme d'habitude avec l'opérateur, ce sont ses clients qui ramassent les pots cassés." Le Journal du Net dresse un bilan sévère, listant tous les problèmes techniques rencontrés par les utilisateurs, comme à l'époque du lancement de la Freebox : hotline débordée, infrastructure d'abonnement pas au niveau, aucun mode d'emploi digne de ce nom, suivi de consommation en option...

Surtout, l'opérateur rencontre de nombreux couacs sur la portabilité, qui permet de conserver son ancien numéro. De nombreux utilisateurs voient leur ancien abonnement résilié avant d'avoir reçu leur carte SIM pour activer leur ligne Free. Résultat, ils ne sont plus joignables pendant une durée indéterminée. L'UFC-Que Choisir évoque "un problème massif". Ces portabilités de numéros passent toutes par le système central du Groupement d'intérêt économique (GIE). "Jusqu'à la semaine dernière, notre système traitait 10 000 à 15 000 portabilités par jour, explique au Nouvel Observateur le directeur du GIE portabilité, Nicolas Houéry. Mais actuellement, nous traitons plutôt 45 000 à 50 000 demandes quotidiennes, soit notre maximum."

• Une riposte offensive des concurrents 

Après avoir aligné en partie leurs offres de téléphonie mobile sur les prix pratiqués par Free et dénigré sur les réseaux sociaux les tarifs du nouveau venu, débusquant faux illimité et coûts cachés, les opérateurs sont passés à la vitesse supérieure. Selon Le Figaroplusieurs d'entres eux "disent avoir constaté que le réseau de Free Mobile n'était pas 'allumé' et ont même envoyé des huissiers dans les rues pour le vérifier".

De quoi remettre en cause l'accord conclu avec Orange, qui prévoyait que le réseau en propre de Free fonctionne avant d'entrer sur le marché. Une information aussitôt démentie par Xavier Niel, le PDG du groupe. Ces affirmations sont "fausses" et "cela se vérifie assez facilement", a-t-il assuré. 

• Free réplique et baisse encore ses tarifs 

Accusé par ses rivaux de se rattraper sur certains coûts cachés dans son offre d'abonnement "low cost", Free a déjà ajusté plusieurs de ses tarifs, le plus souvent à la baisse, révèle Capital mercredi 18 janvier. 

L'opérateur a ainsi drastiquement baissé ses coûts de connexion à l'étranger, notamment au Royaume-Uni et au Qatar, ainsi que dans l'archipel français de Saint-Pierre-et-Miquelon. Free a également baissé le tarif des appels téléphoniques émis depuis la France vers la Slovaquie, la Suisse et la Tunisie. En revanche, selon Capital, le prix des SMS envoyés depuis la Corée du Sud ont été multipliés par deux, passant de 24 à 48 centimes d’euros.

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