"Un Français", le film qui dérange ?

(Diastème, il y a quelques années au festival du film américain de Deauville © Maxppp)

Le film de Diastème, "Un Français" qui raconte l’histoire d’un skinhead fuyant des milieux radicaux d’extrême droite, a été déprogrammé dans la moitié des salles où il était prévu. "Dans quel pays vit-on?", se demande le réalisateur.

Que se passe-t-il autour du film Un français de Diastème, qui sortira en salle le 10 juin et dont France Info est partenaire ? Depuis plusieurs jours les réseaux sociaux s'enflamment autour de ce long métrage qui retrace sur plus de 20 ans, le parcours d'un skinhead, qui décide de sortir de l'ultra violence des milieux les plus radicaux de l'extrême droite.

 

Lundi, le réalisateur a posté sur son blog un texte dans lequel il se désole d'apprendre qu'une cinquantaine d'exploitants aurait décidé de retirer le film de leur programmation. Y’a-t-il un véritable risque ou est-ce une autocensure ?

Un film de paix

Un Français , c'est l'histoire de Marco, qui cogne les arabes et colle les affiches de l'extrême droite. Interprété par le prometteur Alban Lenoir, ce personnage. Diastème le suit pendant qu'il se bat pour sortir de lui cette violence. "C'est un film de paix ", dit le réalisateur, sur le parcours d'un homme.

 

Ce n’est pas l’avis des activistes et des néo-fascistes qui déversent sur les réseaux sociaux leur haine contre ce film qu'ils n'ont évidemment pas vu. Lundi, la productrice a appris à Diastème que sur les 100 salles prévues, 50 se retiraient et annulaient les avant-premières. Le réalisateur ne comprend pas. "C’est une prudence excessive ", estime-t-il, "le plus inquiétant, c’est que les gens en parlent sans l’avoir vu et n’espère que ce malentendu sera levé à partir du moment où les gens auront vu le film ".

Moins de salles pour une meilleure valorisation

Mars, le distributeur du film, se veut plus nuancé et précise dans un communiqué qu'il n'y a pas eu de déprogrammation ni d'annulations d'avant-première et que si Un français sortira dans 60 salles au lieu de 100, c'est pour valoriser sa diffusion.

 

Mars reconnait cependant que le climat autour du film a pu refroidir des exploitants. Pas celui du cinéma Devosge à Dijon, Cyril Jacquens maintient la programmation et l'avant-première, sereinement. "On n’a pas reçu de menaces ", affirme-t-il en estimant que "c’est plus l’idée du film que le film en lui-même qui dérange ".  Impossible de faire témoigner des exploitants qui ont finalement refusé le film, "dans quel pays est-ce qu'on vit ? ", se demande Diastème.