"Toruk" : le Cirque du Soleil prolonge le monde d’"Avatar" d’après James Cameron

\"Toruk\" par le Cirque du Soleil
"Toruk" par le Cirque du Soleil (XINHUA)

La dernière création du Cirque du Soleil parcourt le monde depuis trois ans, et arrive à Paris du 4 au 14 avril à l’Accorhotels Arena (Bercy). "Toruk - Le Premier envol" se déroule sur la planète Pandora, 3000 ans avant les événements du film "Avatar" de James Cameron. Culturebox a vu le show, visité les coulisses et rencontré les acteurs, acrobates, marionnettistes, costumiers… Avant-première.

L’aval de James Cameron

Hors de question de ne pas avoir le feu vert de James Cameron avant de se lancer dans l’adaptation du monde d’"Avatar" pour la scène. Le réalisateur, Canadien comme la troupe du Cirque du Soleil, connaît et apprécie leurs spectacles. Il donne son aval, avec un droit de regard sur le résultat final. Le film a aujourd’hui dix ans, datant de 2009. Cameron n’a rien sorti depuis et dit travailler sur quatre suites. La première est attendue fin 2020 et est actuellement en tournage.
Sans doute que le réalisateur, scénariste et producteur a-t-il compris que le spectacle du Cirque du Soleil donnait un prolongement et une actualité à son film partout dans le monde, avant la sortie de sa suite au cinéma. Ce spectacle, il l’avait en tête dès la conception d’"Avatar", nous a confié Janie Mallet, porte-parole de la troupe. James Cameron l’a vu et s’est reconnu dans "Toruk". Il va même intégrer un de ses personnages dans les "sequels" de son film.

La belle histoire

"Toruk - Le Premier envol" n’est pas une adaptation d’"Avatar", mais de l’univers de Pandora, la planète du film. Situé 3000 ans avant sa colonisation, le spectacle met en jeu plusieurs clans Na’vi que visitent deux jeunes gens alors que la planète réveille des forces telluriques qui menacent l’arbre sacré, garant de leur monde. Les deux affranchis et une amie croisée sur leur route, recherchent Toruk, le plus puissant des dragons, dont le domptage calmera la colère de Pandora. Ainsi naîtra la tradition Na’vi de monter les dragons du ciel.
\"Toruk : le premier envol\" par le Cirque du Soleil
"Toruk : le premier envol" par le Cirque du Soleil (GUSTAVO DURÁN DE LA HUERTA PATIÑ / NOTIMEX)
Belle histoire, en phase avec l’univers de Cameron, de Pandora et des Na’vi. Pour la concrétiser, le Cirque du Soleil s’est écarté de la conception habituelle de ses spectacles. Ceux-ci déclinaient jusqu’à présent des numéros autour d’une idée, d'un thème. Avec "Toruk - Le Premier envol", la troupe a voulu raconter une histoire. Sur une musique originale aux accents tribaux, où dominent chœurs et percussions, le récit alterne dramaturgie et acrobaties aériennes en continuité.

Pandora sur scène

Reconstituer une planète extraterrestre demande de l’espace. La scène de "Toruk" équivaut en largeur à cinq écrans IMAX (26 m X 49 m). Le Cirque du Soleil ne réussit d’ailleurs pas toujours à trouver salle suffisamment grande pour accueillir son spectacle. Organisé autour d’un cercle rocailleux, le décor se nourrit de projections animées où surgissent la végétation luxuriante de Pandora, des cascades, une rivière où vogue une pirogue, des phénomènes célestes, où plane l’ombre des dragons… L’arbre sacré aux lianes lumineuses émerge du sol, accompagné de ses méduses aériennes. Les montagnes volantes surgissent du ciel. La faune sauvage et domestique de la planète est animée par des marionnettistes, jusqu’au dragon Toruk de quinze mètres d’envergure, toutes ailes déployées…
\"Toruk : le premier envol\" par le Cirque du Soleil
"Toruk : le premier envol" par le Cirque du Soleil (XINHUA)
Les artistes sur scène ne font évidemment pas trois mètres de haut, comme les Na’vi d’"Avatar". Mais la différence de taille n’importe pas puisque nul humain participe de l’intrigue. Des centaines de costumes habillent différemment les cinq clans Na’vi en présence. Avec en tête le collant intégral qui teint leur peau du bleu des habitants de Pandora. Toutes différentes selon la disparité de leur pigment, ces nouvelles peaux sont complétées par une myriade d’accessoires, pagnes, jupes, capes, tiares, coiffes et armes… Un maquillage méticuleux des visages, d’une bonne heure selon les personnages, est nécessaire pour parachever leur identification aux "Pandoriens".

Le tour d’un monde

L’impression de gigantisme domine, avec une occupation chorégraphique et acrobatique de la scène, des éclairages immersifs, qui incluent le public. Spectaculaire, "Toruk - Le Premier envol" est fidèle à l’univers visuel d’"Avatar", tout en creusant la civilisation Na’vi au cœur du film. Le spectacle fait ainsi intégralement partie de son univers en prenant pour sujet l'histoire de Pandora, les Na'vi et leur mythologie.
\"Toruk : le premier envol\" par ele Cirque du Soleil
"Toruk : le premier envol" par ele Cirque du Soleil (XINHUA)
Avec 46 artistes sur scène, ses décors et marionnettes géantes, sa musique tribale, ses chants, ses danses et acrobaties, son esthétique psychédélique immersive, "Toruk" s’est donné les moyens de ses ambitions. Trente-quatre camions et quatre avions sont nécessaires au transport du spectacle à travers le monde. Il est passé par l’Amérique du Nord, le Mexique, le Brésil, l’Angleterre, l’Italie, a fait deux dates à Lyon et Anvers, puis est parti à Moscou et Saint-Pétersbourg, avant d’arriver à Paris le 4 avril pour quinze représentations. C’est tout un monde qui fait le tour du nôtre.

 

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